🔴Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes : https://youtu.be/8zoj1hyEa-Q
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Une baraque chic plantée en pleine forêt autrichienne, ambiance "Airbnb de luxe pour gens qui fuient un procès". Dedans, un ancien soldat allemand reconverti en vigile-broyeur de silence. Autour, des hommes armés jusqu’aux dents, mais avec la subtilité d’un karaoke sur Rammstein. Et au milieu de tout ce cirque : Anna, une femme qui n’a rien demandé à personne, sauf peut-être la paix… et une porte qui ferme.
Exterritorial démarre comme un thriller politique, genre Snowden sous acide. Mais très vite, on comprend que Christian Zübert a préféré troquer la subversion pour l’aspirateur à tension. La mise en scène, chirurgicalement propre (dommage, on voulait du sang), frôle l’esthétique pub pour assurances haut de gamme. Les plans sont beaux. Lents. Beaux. Longs. Très longs. On croirait voir un épisode perdu de Derrick produit par IKEA.
Mais bon, Jeanne Goursaud sauve un peu les meubles. Et quel mobilier ! Elle incarne Anna avec assez de nerfs pour qu’on y croie, ou du moins qu’on ait envie de la suivre. Elle court, elle frappe, elle fuit, elle doute — elle vit, en somme, au milieu d’un film qui roupille en position fœtale. Face à elle, des antagonistes aussi menaçants qu’un PowerPoint sur les conventions de Genève.
Il y a bien quelques idées de mise en scène qui surnagent, comme ce travelling en forêt ou cette scène à la lumière tamisée, vaguement oppressante (ou était-ce juste mal éclairé ?). Mais on ne peut pas s’empêcher de se demander : pourquoi tout ça ? Pour dénoncer quoi ? Les zones grises du droit international ? L'impunité des États ? Ou juste l’incommunicabilité entre un scénario et son public ?
Ce qui est sûr, c’est qu’à force de vouloir faire sérieux, Exterritorial devient glacial. Trop poli pour être viscéral. Trop cadré pour être coup de poing. On aurait aimé être pris à la gorge. On finit par regarder notre montre. Elle, au moins, avance.