Dernier film du grand maître qu'était Stanley Kubrick. Malheureusement pour lui, il ne verra jamais la sortie en salles de son oeuvre. Il décèdera après avoir réalisé le premier montage.
Eyes wide shut est donc posthume.
Néanmoins, le dernier film de Kubrick est remarquable. Comme l'ensemble de sa carrière d'ailleurs. En s'intéressant ainsi à la vie du couple, à l'adultère, à la passion, au sexe, le metteur en scène britannique dépeint de manière sulfureuse la vie de ce qui pourraît être un relation conjugale comme les autres. Néanmoins, la tentation se fait très forte pour les deux parties.
Il faut bien reconnaître que la première moitié du film voire même les deux tiers sont incroyables. La réaction qui nous vient directement à l'esprit est de celle qu'on va réassister à un nouveau chef-d'oeuvre de la part de ce réalisateur. Pourtant, la déception est présente lors du générique final. Non pas à cause de la fin qui est elle-même remarquable. Mais elle se manifeste à partir du moment où William (Tom Cruise) enquête pour savoir ce qu'est devenu cette femme ou ce qui se cache derrière la secte. On regrette de tomber dans une certaine banalité. L'ennui pointe parfois le bout de son nez. Ah ben zut, pourquoi avoir fait cela Stanley? Etait-ce bien nécessaire de consacrer entre trente et quarante-cinq minutes de ce film à une enquête qui mènera à rien ou presque? N'aurait-il pas pu la raccourcir?
Néanmoins, n'allez pas croire qu'il s'agit d'un mauvais film. Loin de là d'ailleurs. Tout commence avec une danse à une fête. Alice (Nicole Kidman) se fait courtisée. Dès le début, la relation qu'elle établit avec son partenaire qui n'est pas son mari demeure ambigüe. Hésitante au début, elle finit par refuser. C'est dès le départ aussi que Kubrick instaure un univers très particulier. Le sexe n'est jamais loin. Il est présent partout et toujours d'une manière qui n'est pas celle à laquelle on réfléchirait pour un couple. Il est présent sous des formes bien différentes. Adultère, maîtresses, prostitution, sexe avec mineures, tout y passe... Le summum est atteint lors de l'orgie sexuelle. L'atmosphère générale est aussi étrange. Encore une fois, il faut y voir la grande méthodique qu'use Kubrick à travers sa mise en scène, la musique mais aussi des jeux de couleur. Le pourpre est souvent présent. Cette couleur n'est autre que celle associée au sexe. Le tournage fut d'ailleurs long. Il a duré 19 mois. Sa sortie en salles fut longtemps repoussée puisqu'elle était à la base prévue pour 1997. Autre précision, l'oeuvre est issue d'un livre de Schnitzler.
Une chose qui est étonnante, c'est bel et bien le couple Kidman - Cruise. A l'époque, ils étaient encore ensemble dans la vie. Leur complicité dans la vie de tous les jours transparaît ici à l'écran. Jamais un couple ne nous avait paru de cette manière aussi vrai. On retrouve aussi Sidney Pollack. Un habitué des plateaux de cinéma mais plus connu pour être derrière une caméra (du moins à mes yeux).
Ca ne fait aucun doute, Eyes wide shut est un grand film. Pas un chef-d'oeuvre mais un grand film. Une révérence réussie pour ce cinéaste qui au long de quatre décennies a réussi à faire passer de l'émotion, à évoquer des thèmes de manière intelligente et qui a surtout fait de nombreux adeptes au cinéma... Merci Monsieur.

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le 6 mai 2011

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batman1985

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