Valérie et Alain,qui se haïssent depuis leur divorce,se retrouvent dans le même avion car ils vont tous deux au mariage de leur fille qui se déroule en Grèce.Seulement on est en 2010,et l'éruption d'un volcan islandais envoie des cendres à travers l'atmosphère,ce qui cloue l'aviation au sol.La mort dans l'âme,les ex époux entreprennent de voyager ensemble par la route,et vu leur niveau de détestation réciproque,l'aventure va vite tourner au vinaigre.Alexandre Coffre,réalisateur et coscénariste dans cette affaire,est une sorte de métronome.Il a fait quatre films,et pas un seul de bon,une régularité qu'il convient de saluer.Le concept de départ paraissait fragile,son développement le confirme.Le Eyjamachin a beaucoup fait parler en son temps,à cause des conséquences de l'éruption dans un premier temps puis rapidement en raison de son nom marrant.Trois ans après sort donc ce film s'appuyant sur cet évènement,les zincs qui ne volent plus,et sur la question cruciale qui hante alors tout un chacun:le Eyjabordel,comment ça se prononce?Pendant que le spectateur s'interroge gravement à ce sujet,les auteurs de cette bouse post-volcanique espèrent qu'il en oubliera la nullité du produit qu'il est en train d'ingurgiter.C'est du plan marketing basique,mais qui ne trompera pas grand-monde.Parce que c'est puissamment mauvais,ce truc.Tout repose sur l'opposition déterminée entre les ex terribles qui sont prêts à tout pour régler les comptes non soldés de leur défunt mariage et profitent de ce périple à travers l'Europe pour se venger mutuellement.Ils se font des crasses sans arrêt mais les personnages et les situations sont si excessifs et si peu drôles qu'on n'y croit pas une seconde et qu'on sourit vaguement toutes les trente minutes.De plus c'est cousu de fil blanc et on devine d'entrée que ça va se terminer par une réconciliation car devinez quoi?Eh oui,cette haine est trop intense pour ne pas cacher de l'amour déçu!Platitude et inefficacité président à cet ennuyeux programme,heureusement ça se réveille brutalement vers le dernier quart d'heure,à partir du moment où les héros sont pris en stop par un serial killer qui a rencontré Jésus.S'enclenche à partir de là une série de gags marrants et de scènes d'action mouvementées qui réveillent le public de sa somnolence.La flèche,l'hôtel,les vols de la camionnette et de l'avion,la fête albanaise,les flics grecs,ça enchaîne bien et ça évite le désastre absolu qui se profilait,avant que ça ne tombe dans la mièvrerie lors des séquences du mariage.Le duo Valérie Bonneton-Dany Boon,maintes fois réuni à l'écran,ne marche pas très bien,la faute à la faiblesse du script et des dialogues,mais aussi à la performance de Valérie,qui se lâche et confond énergie et hystérie.Dany,qui est coproducteur avec ses fameuses Productions du Ch'timi,s'en tire mieux grâce à son sens du tempo comique qui lui permet de mieux gérer la catastrophe ambiante.Les autres comédiens passent trop vite pour pouvoir exister,et on voit défiler subrepticement Albert Delpy,Constance Dollé,Arnaud Henriet,et même le vibrionnant Malik Bentalha parait ramolli et ne sert à rien.Seul Denis Ménochet,énorme dans un registre humoristique inattendu,offre un show d'enfer en taré majuscule,mélangeant brillamment drôlerie et menace.