Le plus réussi dans Face à la mer est sans nul doute l'atmosphère, celle d'un village côtier du Pays de Galles, avec son ciel bas et sa communauté de pêcheurs, habitués au dur labeur et à une vie rythmée par un triptyque consensuel : famille, pub et église. Dans ce paysage, la masculinité est induite et la place des femmes réduite à la vie domestique, avec un travail d'appoint éventuel. Il est intéressant que le regard posé soit celui d'une réalisatrice, Helen Walsh, qui observe sans commenter des us et coutumes qui semblent millénaires. La romance gay qui traverse le film de part en part est à la fois une lumière, celle de désirs réprimés, et une obscurité, au sein d'un microcosme qui ne peut pas l'accepter. Il serait injuste de réduire Face à la mer à un Brokeback Sea, on serait d'ailleurs plus proche de Seule la terre, alors que toute histoire de désir et de frustration possède ses propres spécificités, fussent-elles hétéros ou homosexuelles. Le drame est lancinant, mais il lui manque sans doute un peu de fluidité dans sa progression dramatique qui n'atteint pas le niveau de la qualité picturale du film. Trop de non-dits et un manque d'approfondissement psychologique des personnages, hormis celui de son héros, nuisent aussi à l'intensité que l'on devrait attendre d'un récit qui s'enferme peu à peu dans une sorte de grisaille égale à celle de la météo.

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le 6 août 2026

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