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Que dire, à part que je me suis ennuyé pendant deux heures.
"Face à la nuit" est un thriller taïwanais d'une banalité effarante, si ce n'est par son montage déchronologique qui peut un peu faire penser aux films du Hong-Kongais Wong Kar Wai. Il y avait pourtant de l'idée dans la première partie avec cette société futuriste où chaque individu semble être étroitement surveillé grâce à l'évolution de la technologie. Malheureusement cet aspect n'est quasiment pas exploité et fait plutôt office d'arrière-plan. Ne vous attendez donc pas à une réflexion profonde à ce sujet (ni à aucune réflexion en général). Le reste du film cherche quant à lui à exploiter des filons déjà usés: le thème de la vengeance dont le cinéma sud-coréen a fait le tour en long et en large (et en mieux), des scènes de sexe et de violence gratuite qui arrivent comme un cheveu dans la soupe et sans rien apporter au contenu.
D'ailleurs qu'en est-il du contenu ? Il pourrait être résumé à l'histoire d'un mec vraiment pas verni par la vie et qui va donc se venger des personnes qui lui ont pourri l'existence (à savoir, sa femme ainsi que son ancien chef). Le film commençant par la conclusion, il aurait été souhaitable que le cheminement du protagoniste le menant à sa vengeance soit à même de nous tenir en haleine. Pari perdu. Les séquences antérieures dans le temps (mais postérieures dans le montage du film) sont pour beaucoup superflues. Je pense par exemple à l'idylle avec "Ara", passage qui en plus d'être complètement hors sujet, traîne en longueur. Il en va de même pour la séquence à l'adolescence où le protagoniste rencontre par hasard sa génitrice l'ayant abandonné très jeune. Ce passage est certes touchant mais encore une fois hors propos.
Pour résumer, "Face à la nuit" est un thriller sans originalité, inutilement scabreux et disons le franchement, sans grand intérêt. Un montage extravagant n'est malheureusement pas suffisant pour masquer la médiocrité intrinsèque de l'oeuvre. Potentiellement le plus mauvais thriller qu'il m'ait été donné de voir lors de ces dernières années.
Créée
le 21 juil. 2019
Critique lue 363 fois
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