Mieux vaut ne rien savoir de ce film avant d’y goûter. Mais, pour ceux que ça intéresse, il faut savoir qu’on est loin du film romantique d’époque victorien, tout autant que d’un whodunit sauce british comme c’est la mode en ce moment ou même d’un drame social sur les rapports de classe. Tout simplement parce que ce « Fackham Hall » est une parodie complètement absurde de tous ces genres très britanniques qui font la gloire de l’Angleterre sur les écrans. De « Downton Abbey » et ses intrigues entre petit personnel et l’aristocratie qui les emploie au mythique « Gosford Park » de Robert Altman qui proposait une analyse ciselée des relations entre ces deux classes en passant par la série sentimentale « Les Chroniques de Bridgerton » et ses roucoulades ou encore tous les films adaptés des romans d’Agatha Christie, tout passe ici à la moulinette du rire gras, burlesque, complètement saugrenu et souvent référencé à tout un pan de ce type de films. C’est comme si Jim O’Hanlon condensait le meilleur de l’humour des ZAZ (la saga des « Y-a-t-il un flic ? »), des Monthy Python et des frères Wayans (les « Scary Movie »). Et comme c’est totalement assumé et bourré d’idées visuelles ou verbales on se régale durant une heure et demie, et le plaisir est encore plus sincère lorsqu’on ne sait pas qu’on va tomber sur ce type d’humour.
L’intrigue du film prend celle de n’importe quel épisode de « Downton Abbey » mélangé à l’un de ceux des « Chroniques de Bridgerton » mais elle est totalement accessoire. Le but de « Fackham Hall » semble être de réunir tous les passages obligés de ce type de productions pour les tourner au ridicule, en dérision et au parodique. On a la scène de mariage, la scène de chasse ou encore celles de commérages en cuisine qui sont délicieusement détournées dans un grand n’importe quoi parfois vraiment bien imaginé (le running gag sur Tolkien ou la scène du crime). On apprécie que le tout soit en plus réalisé avec beaucoup de soin et n’aie pas peur de quelques embardées visuelles anachroniques comme ce tir à la carabine aussi parfait qu’improbable, réalisé avec l’aide d’effets spéciaux impeccables. Le film est savoureux dès le début et il a le bon goût de démarrer sur les chapeaux de roue. Il y a bien un gag toutes les minutes, voire parfois deux si l’on inclue certains au second plan. Et s’ils ne fonctionnent tous pas (on va dire un sur deux), vu le nombre et le rythme trépidant auquel ils nous parviennent, on est comblé. Le rire provient aussi bien des gags visuels, que de dialogues parfaitement et joyeusement décalés. On regrettera juste que le rythme ralentisse fortement en seconde partie après ce début tonitruant. Sur la fin, il est même honnête d’avancer qu’on est content que cela se termine tant le film ne tient plus la cadence mais on aura bien ri devant ce long-métrage savoureux et génialement débile.
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