Un petit escroc russe, Edouard, persuade une poignée d'expatriés juifs qu'il a retrouvé des membres de leur famille, ou leurs sépultures, dans le village de Goloutvine.
Le sujet est grave et donne pourtant lieu à une joyeuse farce. L'instigateur de l'escroquerie est cynique mais, incapable de gérer les incidents, il n'apparait plus que maladroit et dépassé. Le comique burlesque du film est fondé sur la nature outrancière ou farfelue des personnages, caractéristiques d'un certain cinéma de l'Est et d'une truculence qui lui est propre.
L'argument scénaristique de la comédie est de montrer comment de supposées retrouvailles familiales, au lieu de grands moments d'émotion et de fraternisation, produisent surtout la zizanie et le désordre.
Justement, le film de Pavel Louguine est brouillon, ses personnages nombreux, mal ou insuffisamment définis, tandis que, dans un récit décousu, le sens de l'humour du cinéaste est rarement communicatif... Si, par le biais de la comédie, Lounguine aborde un sujet sensible, il faut reconnaitre que, hors une scène poétique de recueillement dans un champ de coquelicots, son point de vue parvient rarement à invoquer le drame intime, celui de la séparation, de certains des protagonistes.