Jean-Claude Barny signe avec Fanon un biopic ambitieux (peut être un peu trop) sur une figure bien trop méconnue du grand public, Frantz Fanon.
Le film a eu du mal à m'embarquer, et ce, en grande partie à cause du jeu d'acteur que j'ai trouvé assez bizarre. Je ne vais pas dire mauvais mais c'était vraiment spécial. Les premières scènes avec Josie Fanon (Déborah François), je l'ai ai trouvé mal jouées et ça m'a "sortit" du film, du mood. Et dans un biopic avec ce thème, je trouve ça vraiment dommage que le jeu d'acteur soit pas à la hauteur.
Aussi, j'ai l'impression que Barny s'est perdu entre la volonté de faire un blockbuster et un film d'auteur. Je m'explique, dans certaines scènes, on voit vraiment la volonté de montrer de l'épique, avec la musique qui joue un rôle super important d'ailleurs. Je pense notamment à la scène dans la grange, avec les révolutionnaires qui scandent tous "Tahia Djazaïr", qui m'a fait pensé directement à un scène dans Dune: Part II, où tout le monde scande "Lisan Al Gaib". Sauf que là, le film raconte pas la même chose et va pas du tout dans le même sens.
Je viens d'en parler mais la BO est superbe, j'ai vraiment adoré. C'était pas mal pour aider à rester dans le film, d'ailleurs le premier son du film; "Algerie 1953" est un banger. La trompette durant le son et plus particulièrement pendant tout le film j'ai bien aimé.
Petite phrase pour parler de la violence du film, qu'on voit, de manière assez explicite, vraie et qui permet de montrer à quel point la France a fait du mal à l'Algérie.
Sinon, malgré ses faiblesses (parfois même des grosses), Fanon a quand même le mérite de mettre la lumière sur une figure emblématique de l'anti-colonialisme, et ça, c'est une très bonne chose.
Que ce soit sur sa contribution à la psychiatrie ou son engagement militant auprès du FLN, Frantz Fanon reste une voix essentielle contre l'oppression coloniale, dans une époque où soigner les esprits c'est libérer les corps.