Après avoir visionné et commenté le troisième volet de cette saga en croyant me souvenir qu'il s'agissait du meilleur, me voici à revoir et commenter le premier film. Reconnaissons que mon souvenir m'a largement induit en erreur …
Ce film est bien plus spectaculaire et efficace sur bien des plans.
D'abord, le scénario qui nous fait découvrir ce malfrat mystérieux qui se fait appeler Fantômas que la police (de Funès) poursuit en vain sans vouloir avouer son impuissance et qu'un journaliste (Jean Marais) tourne en dérision car il ne croit pas à l'existence du personnage. Toute l'astuce et le comique du scénario va reposer sur cette double méprise dont va jouer le fameux Fantômas pour multiplier ses exploits délictueux en utilisant et opposant le journaliste (Jean Marais) et le policier (De Funès).
Contrairement au film "F. contre Scotland Yard", les deux personnages du journaliste et du policier jouent dans des registres différents mais restent d'égale importance avec des rôles qui se superposent puisque l'un comme l'autre connaîtra les mêmes soucis provoqués par Fantômas. Jean Marais reste dans le registre du journaliste sérieux même si ses articles sont provocateurs tandis que De Funès joue un personnage qui tend au burlesque dans ses mimiques et son attitude impuissante. De ce point de vue, on peut préférer le personnage de De Funès peut-être plus facilement accessible. C'est peut-être là, que réside les raisons de la mésentente entre les deux acteurs qui était de notoriété publique même si elle ne me semble pas apparaître dans leurs jeux respectifs.
Les seconds rôles sont très réussis qu'il s'agisse de Mylène Demongeot dans le rôle de la fiancée du journaliste, de Jacques Dynam dans le rôle de l'adjoint du commissaire ou même de Dalban dans le rôle du patron du journal. Mylène Demongeot a ici un vrai rôle et apporte une fraîcheur bienvenue tandis qu'elle est complètement effacée dans "F. contre Scotland Yard". Jacques Dynam est bien plus dynamique ici dans un rôle plein d'ambiguïté voire d'impertinence face à son chef, le commissaire.
Quant à la mise en scène de Hunnebelle, elle est bien plus énergique et spectaculaire dans des scènes d'actions bien menées (la longue poursuite relayée avec toutes sortes de moyens de transport) mais aussi d'autres scènes comiques comme la séance du portrait-robot ou des interrogatoires "musclés" au commissariat (avec casse-croûte et coups de blanc).
Au final, ce premier film est bien supérieur au troisième volet, contrairement à ce que je croyais. Une des clés de la supériorité de ce film réside dans le mélange de suspense et de comédie, de sérieux et de légèreté, apportés à part égale par Jean Marais et De Funès.