Paul Fejos entre dans le vif du sujet. Dans un château, des bourgeois sur le point de réaliser une tractation financière s'inquiètent d'une possible présence de Fantomas dans les parages. Et, comme de par hasard, le criminel n'est pas loin en effet.
Ouverture wagnérienne et rafales de vent qui sifflent, portes qui claquent et lumières qui s'éteignent, domestique suspect, le réalisateur ne se prive de rien pour installer une atmosphère anxiogène et macabre. Avec une candeur qui confine à la maladresse.
C'est son ingénuité qui fait l'intérêt du film. Car la mise en scène et le scénario accumulent les facilités, hasards et invraisemblances, pour créer un récit dynamique mais complètement irréaliste. L'enquête de l'ombrageux commissaire Juve s'en trouve grandement favorisée et devient, malgré elle, aussi amusante que celle d'un Louis de Funès chez Hunebelle.
Le film de Fejos n'annonce pas le polar futur; au contraire, il semble resté figé dans le mode rocambolesque du feuilleton criminel de l'époque à peine révolue du cinéma muet. Il faut voir, peut-être, comme une convention de ce cinéma ces postures pas naturelles du tout auxquelles s'astreint l'acteur qui joue Fantomas pour cacher son visage...au spectateur, histoire de préserver un suspense par ailleurs indifférent.
Si on trouve de jolis plans, spécialement dans la séquence du château, on est quand même un peu déconcerté par cette immaturité qui caractérise le récit et les personnages.