Le subversif Russ Meyer réalise en 1965 une série B qui marquera quelques réalisateurs dont John Waters et bien-sûr Quentin Tarantino dont l'hommage le plus évident reste à ce jour "Boulevard de la mort". Et un "Boulevard de la mort" dans les années 60, autant dire que j'avais très envie de voir ça ! Mais après une séquence d'introduction très prometteuse, le film prend ensuite une direction bien plus sage.
Un gang de trois femmes tue un homme, kidnappe la petite-amie et part à la recherche d'un soit-disant magot dans un ranch isolé. Ranch occupé par un vieillard un peu perché et vicieux et de ses deux fils.
C'est clair que ce n'est pas le scénario du siècle mais n'oublions pas que nous sommes dans une série B qui n'a à la base pour but que de produire du divertissement fun. Et c'est effectivement assez fun, du moins, encore une fois, dans sa première partie. Première partie finalement très courte puisqu'après quelques scènes de voitures et de poussière, on part rapidement au ranch pour des scènes de dialogues toutes aussi pauvres les unes que les autres. Et ce ne sont pas les très nombreuses allusions sexuelles qui sauveront l'ensemble.
De plus, on ne s'attache à aucun personnage puisque les trois filles sont cruelles et les trois hommes sont juste bizarres dont le vieux et les idées graveleuses qu'il a derrière la tête. Et au milieu de tout ça, on a la cruche de service qui ressemble d'ailleurs étrangement à Katie Holmes, notamment dans le regard vitreux.
Néanmoins, on pourra quand même relever que même si elles sont hyper-sexualisées, les trois femmes sont toujours les personnages forts du film. Que ce soit à travers la mise en scène qui les montre souvent en contre-plongée, indiquant par là une domination, ou de par les raclées qu'elles mettent aux hommes ou qu'elles contrôlent. D'un autre côté, le film joue autant sur le male que le female gaze, notamment avec le fils qui n'est caractérisé que par sa masse musculaire, ce que les dialogues ou la mise en scène ne manqueront pas de mettre en avant.
Ainsi, "Faster, Pussycat! Kill! Kill!" est, quelque-part, un film en avance sur son temps mais peine à convaincre aujourd'hui, notamment avec une seconde partie trainante qui prend en réalité la quasi-totalité du film.