Fin de ma rétro expresse Zviaguintsev en attendant la sortie du nouveau à la rentrée, et je dois dire que j'ai encore plus aimé ce Faute d'Amour que la première fois. C'est un film qui tisse pas mal de lien avec son premier, Le Retour, comme un retour au Retour, sauf que l'effet est inversé, après avoir suivi les enfants en fuite avec leur père, c'est désormais une fuite de l'enfant, une disparition totale, un corps qui s'efface de l'écran à jamais. L'enfant n'est même plus dans le hors-champ, il a littéralement disparu, mais en même temps il est partout, car sa présence hante chaque plan, un peu comme la jeune femme de l'Avventura, à qui Faute d'Amour fait évidemment beaucoup penser. Et il y a au début de ce film, le plan le plus déchirant du cinéma de Zviaguintsev, et l'un des plus déchirants tout court, celui de l'enfant qui découvre, caché derrière une porte, ce que ses parents, se croyant seuls, disent de lui, et qui hurle et pleure en silence pour ne pas se faire découvrir. J'en tremble encore en écrivant ses mots. Le plan m'a tellement choqué, pourtant je l'avais déjà vu, que j'ai ressenti le besoin de le voir une seconde fois, comme si j'avais besoin de ça pour l'accepter, pour être capable de l'encaisser.