Fearless Dragons
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Fearless Dragons

Film de Li Chao (1980)

1980 ! Année bénie des amateurs de films de Kung Fu ! Après près d'une décennie de succès et après que le genre ait emprunté des formes diverses (comédie, ultra violence...), la représentation du Kung Fu à l'écran avait atteinte sa pleine maturité. L'art de la chorégraphie est alors à son sommet : Vitesse, précision, lisibilité, technique et intensité sont devenus des standards que même des petites productions d'exploitation se doivent de posséder. Two On The Road appartient à cette catégorie. Une petite Kung Fu comédie aujourd'hui tombée dans l'oubli et qui ne fit pas particulièrement recette à l'époque de sa sortie.

Comme souvent dans ce genre de productions fauchées, le scénario n'a pas été particulièrement travaillé. Ici, on a une vague ligne directrice (de l'argent qui doit être envoyé pour aider des réfugiés, objet de convoitise de divers groupes) enrobée de larges portions comiques. Rien de plus normal dans une Kung Fu Comédie mais le dosage est particulièrement maladroit puisque si l'intrigue principale ouvre et termine le film, elle est complètement perdue dans un long, très long, milieu où les gags pachydermiques s'accumulent. Scénario et action se mettent alors en retrait au profit de quasi sketchs où la subtilité a été bannie. Du pur remplissage afin d'atteindre une durée d'exploitation suffisante.

Si le scénario et la comédie sentent le je m'en foutisme à plein nez, on ne peut heureusement pas en dire autant des scènes d'action. Dés le premier affrontement, on est soufflé par la virtuosité de la chorégraphie et des acteurs. Philip Ko est, comme à son habitude, un véritable tueur. Sa technique et sa fluidité inondent l'écran, son style incomparable est un véritable bonheur à voir. On serait tenté de dire qu'il s'agit de sa meilleure prestation martiale si l'homme n'était pas un habitué de ce type de performances (voir The Loot, The Eight Diagram Pole Fighter ou Tiger Over The Wall pour s'en convaincre). Ko a pour partenaire Leung Kar Yan qui, lui, livre réellement une de ses meilleures prestations martiales, au coté de celle de The Victim. Tous ses mouvements sont rapides et pleins d'énergie. En un peu plus de deux ans de tournages intensifs de films de KF, le brave Kar Yan s'est bien perfectionné et, en cette année 80, il n'a pas à rougir de la comparaison face à de vrais artistes martiaux.
Le combat final est une véritable apothéose. En plus des deux acteurs sus cités, on retrouve le puissant Johnny Wang. Une équipe de spécialistes donc, capable de se donner à fond. Et ça tombe bien parce que c'est exactement ce qui leur est demandé. Combat à un contre un, à un contre deux, techniques de combat variées (retenons l'excellente technique du cheval !), vitesse d'exécution hallucinante... Que du bon ! La mise en scène est du même niveau avec de longs travellings autour des personnages, mettant toujours en valeur comme il le faut ces chorégraphie endiablée. Quelques « trucs » comme l'undercranking ou les câbles, qui deviendront la norme par la suite, sont aussi utilisés mais en quantité raisonnable.

Rien que pour ce final de folie et malgré les gros problèmes de structure du film, Two On The Road est un Kung Fu hautement recommandable.
Palplathune
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le 26 févr. 2011

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