Obstacle majeur à mon appréciation : l'état hétérogène et mauvais de la copie (malgré le travail amateur, incroyable, réalisé par un certain gfcarvalho pour monter une version compilant les meilleures sources disponibles actuellement). Toujours aussi difficile pour moi de me concentrer sur le fond lorsque les aspects les plus basiques de la forme sont chaotiques (un vieux souvenir de 2015 ressurgit soudainement : il faudrait que je revoie "Le Faux étudiant" de Masumura).


Ça n'empêche pas pour autant la nature du film à s'imposer, et le portrait de la condition de la femme dans l'Italie des années 50, ce qui n'est pas une mince affaire. J'ai trouvé l'interprétation de Françoise Christophe un peu rigide mais cela fait peut-être partie du jeu, une femme issue d'une classe aisée qui n'arrive pas à trouver son bonheur en s'éloignant des conventions. Déjà à l'époque elle rêvait de liberté et d'indépendance, ce qui impliquait de nombreux sacrifices vis-à-vis de la vie considérée comme normale (relations familiales, mariage, etc.). Il en résultat cette image d'une femme errante, en prise avec une instabilité affective évidente, qui peine à s'épanouir à tous les niveaux : s'affranchir des conventions sociales de son temps n'est pas chose aisée. Le personnage féminin incarne une modernité nette, particulièrement déterminée dans sa volonté de ne pas se conformer aux attentes de la société patriarcales.


L'équilibre sera fragile, voire impossible à trouver, entre son aspiration personnelle, les normes contemporaines, et les attentes de son entourage. "Femmes libres" avance un peu par à-coups pour illustrer les différents obstacles dressés sur le chemin de son émancipation sobrement présentée comme impossible, et l'image finale du chef d'orchestre / rock star fan de Tchaïkovski criblé de balles paraît un peu brusque et programmatique (comme beaucoup de mouvements de caméra légèrement envahissants) — même si elle renforce bien la dimension noire du récit, amorcé par un flashback qui occupera toute la durée du film.

Morrinson
5
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Top films 1954, Mes romances, Avis bruts ébruités et Cinéphilie obsessionnelle — 2024

Créée

le 1 juil. 2024

Critique lue 37 fois

Femmes libres

Femmes libres

8

Limguela_Raume

le 10 nov. 2023

Suivre

Una savora amera

Certaines fables tendent à réduire le monde en devinettes faciles à comprendre ; d’autres nous ouvrent les yeux sur la complexité des choses et nous poussent à l’humilité, la compréhension, la...

Femmes libres

Femmes libres

7

Cinephile-doux

le 6 mars 2026

Suivre

Prise à son propre piège

Una donna libera en italien ; Femmes libres en français. Le titre transalpin est plus exact, à 90%, puisque le film trace essentiellement le portrait d'une héroïne, décidée à vivre sa vie...

Femmes libres

Femmes libres

5

Morrinson

le 1 juil. 2024

Suivre

Pour sa sœur

Obstacle majeur à mon appréciation : l'état hétérogène et mauvais de la copie (malgré le travail amateur, incroyable, réalisé par un certain gfcarvalho pour monter une version compilant les...

Boyhood

Boyhood

5

Morrinson

le 20 juil. 2014

Suivre

Boyhood, chronique d'une désillusion

Ceci n'est pas vraiment une critique, mais je n'ai pas trouvé le bouton "Écrire la chronique d'une désillusion" sur SC. Une question me hante depuis que les lumières se sont rallumées. Comment...

Birdman

Birdman

5

Morrinson

le 10 janv. 2015

Suivre

Batman, évidemment

"Birdman", le film sur cet acteur en pleine rédemption à Broadway, des années après la gloire du super-héros qu'il incarnait, n'est pas si mal. Il ose, il expérimente, il questionne, pas toujours...

Her

Her

9

Morrinson

le 8 mars 2014

Suivre
Dernière modification

le 18 mars 2014

Her

Her est un film américain réalisé par Spike Jonze, sorti aux États-Unis en 2013 et prévu en France pour le 19 mars 2014. Plutôt que de définir cette œuvre comme une "comédie de science-fiction", je...