Alors que le film semble d’abord adopter les allures d’une tragédie familiale moderne, en apparence lisse et inoffensive, sur fond de satire sociale, l’intrigue se fracture rapidement pour devenir le théâtre d’un véritable jeu de massacre, où passé et présent s’affrontent, où les langues se délient. Le vernis étincelant de la façade bourgeoise s’écaille, révélant peu à peu la pourriture tapie sous la surface.
La mise en scène brute et dépouillée, conforme aux principes du Dogme95, renforce le malaise et l’authenticité de chaque moment. Les dialogues suffisent à insuffler toute la violence des instants dépeints, tant par leur justesse que leur intensité.
Thomas Vinterberg nous livre ici une œuvre crue, puissante, et ultra maîtrisée.