Alors voilà, Feu à Volonté, c’est un film avec Eddie Constantine dedans, mais pas Sean Connerie (le monsieur avec les sourcils qui font peur). Et ça se voit. Parce que Sean, lui, quand il entre dans une pièce, on entend une musique genre tadadadaaa, alors qu’Eddie, quand il entre, on entend juste ses chaussures faire clac clac et après plus rien.
Marcel Ophuls, il a dû dire : “Bon, on va faire un film policier, mais sans policier, sans enquête, et sans scénario, pour voir si ça marche.” Et ben ça marche pas. Mais c’est marrant quand même, parce qu’on se demande toujours : “Pourquoi ils font ça ?”
Les méchantes, elles sont jolies, mais on dirait qu’elles sont fatiguées d’être jolies. Y en a une, on dirait qu’elle veut tuer quelqu’un, mais elle se souvient plus qui. Et l’autre, elle veut tirer, mais elle a oublié où elle a mis son pistolet. C’est dommage, parce que sinon, ça aurait pu être un vrai film d’action.
Eddie Constantine, lui, c’est un peu le Sean Connerie du pauvre, mais sans le smoking et sans la mer. Sean, quand il tire, il ne rate jamais. Eddie, lui, il tire, il rate, il recommence, il se fatigue, il boit un whisky, et il recommence à rater. C’est un style.
Et puis les bagarres ! Ah les bagarres ! On dirait des enfants dans une cour d’école qui font semblant de se taper mais sans se toucher, de peur d’avoir une punition. On voit bien que les cascadeurs, ils ont mis des coussins partout, même dans les poches.
La mise en scène, c’est… euh… ben y en a une, sûrement, mais elle doit être derrière un meuble, parce qu’on la voit jamais. La caméra bouge un peu, comme si elle avait bu le même whisky qu’Eddie.
Bref, Feu à Volonté, c’est comme si on avait voulu faire un James Bond mais avec moins de budget, moins d’idées, et plus de chandeliers. Sean Connerie aurait dit “Bond. James Bond.” Eddie Constantine, lui, il dit plutôt “Ouais, salut, t’as du feu, beauté ?”
En résumé : c’est un film. Oui, un vrai, avec des images, des sons, et tout. Mais ça fait un peu mal à la tête. Et aux yeux. Et un peu au cœur, aussi, quand on pense qu’ils ont tourné tout ça pour de vrai.