Un film de Roger Vadim, avec Brigitte Bardo. Ça alors, quelle sueprise!
Imaginez une comédie de mœurs à la française, un genre de vaudeville où tout le monde s'aime, se trompe, fait des grimaces, court dans les couloirs et menace de partir à l’étranger, mais sans jamais vraiment prendre l’avion. Ajoutez-y Brigitte Bardot, créature mi-femme mi-ouragan, qui entre dans chaque scène comme si elle y dansait un rock endiablé avec un tigre invisible.
Dans ce film, Bardot est comme une bouteille de champagne secouée pendant 90 minutes : ça pétille, ça explose, ça gicle dans tous les sens, et personne ne pense à nettoyer. Elle rit, elle crie, elle claque des portes, elle charme un petit Claude Brasseur qui n’a encore ni moustache ni grande gueule, et elle fait tourner la tête à un certain Michel Subor, qui a le charisme d’un meuble suédois mais qu’on aime bien quand même. Le scénario ? Une sorte de prétexte cousu de fil rose : une jeune femme décide de se faire passer pour amoureuse afin de reconquérir son chéri. Un mélange entre Les feux de l’amour, Les Bronzés, et une pub pour shampooing. C’est fin comme du saucisson, mais ça se regarde comme on déguste un bonbon acidulé : avec les yeux qui piquent un peu, mais le sourire aux lèvres.
Roger Vadim, toujours aussi fasciné par son étoile Bardotienne, filme sa muse comme un enfant filme son chat qui joue avec un bout de ficelle : émerveillé, distrait, et un peu amoureux.
Est-ce du grand cinéma ? Pas vraiment. Est-ce du cinéma distrayant ? Cela ce pourrait. On rit, on soupire, on se dit “mais qu’est-ce qu’ils foutent ?” puis on s’en fiche parce que Brigitte fait une moue boudeuse qui va entrer dans l’histoire de la moue boudeuse.