Je suis habitué à la bonhommie tranquille de Jean-Pierre Darroussin. Dans Le Cœur des hommes, dans Dialogue avec mon jardinier. Là, il incarne un type antipathique, à cran, sans doute englué dans un travail de bureau peu motivant (employé d'une société d'assurance), mariée, deux enfants, une routine qui s'installe. Il est impressionnant tout en tension nerveuse.
On part sur la route avec ce mec peu aimable entre cauchemar et réalité et où tout semble lui échapper. Un verre de trop entraînant une dispute entraînant une disparition entraînant une mauvaise rencontre avec un prisonnier évadé entraînant un séjour à l'hôpital après une nuit d'angoisse. Une serveuse compatissante d'un resto-route fait office de pause bien dérisoire.
Mais alors quid du prisonnier évadé retrouvé mort assassiné dans la forêt ? Comment Antoine va vivre avec ça désormais ? La police est-elle dupe ?
C'est un portrait d'une famille de bourgeois, de leurs névroses, d'un quotidien terne où tout est cloisonné, minuté, parce que c'est comme ça et que "c'est toujours comme ça qu'on a fait". C'est peut-être ça le plus flippant, en fin de compte.