James Cagney et Bette Davis sont tellement à côté de la plaque dans cette screwball comedy, ça en devient presque gênant... Bon déjà de base, voir Cagney ailleurs que chez les gangsters et Davis ailleurs que dans le registre dramatique, c'est un exercice original (dans son acception "inconfortable"), mais alors les deux réunis dans ce registre slapstick, quelle horreur. Presque tout sonne faux, c'est bien simple. Et sans se lancer dans un procès qu'on pourrait qualifier d'anachronique, on ne peut pas dire que "The Bride Came C.O.D." puisse prétendre au palmarès de l'avant-gardisme en termes de proto-féminisme : le personnage féminin est baladé du début à la fin du film comme une entité sur laquelle les hommes ont une emprise exclusivement paternaliste et condescendante, comme si Davis était dépourvue de libre arbitre, uniquement bonne à suivre les choix dictés par les autres — à l'exception de quelques péripéties où elle prend des initiatives, uniquement là pour dynamiser la narration et provoquer quelques gags pas particulièrement drôles.


Une fois déroulée, l'histoire est quand même bien blême : un pilote est mandaté par un riche industriel pour kidnapper sa fille partie se marier avec un homme qui ne convient pas au patriarche. La fille est constamment présentée comme folle, d'humeur changeante, et forcément elle finira par montrer quelques failles vis-à-vis de l'entreprise de séduction dudit pilote — Cagney en playboy, voilà quelque chose de particulièrement difficile à avaler, m'enfin bon, ça fait travailler l'imagination. Et voilà la riche héritière lancée le long d'un fil comique très léger, faisant écraser un avion, atterrissant dans une ville fantôme, tombant sur des cactus, se perdant dans une mine, etc. L'idée de casser leurs images respectives n'est pas mauvaise en soi, mais on sent que Davis et Cagney ne sont vraiment pas du tout à l'aise dans cet exercice d'équilibriste. La chimie entre les deux n'a pas fonctionné. Beaucoup de clichés, très peu convaincant, et globalement un humour qui ne fonctionne que très peu (le côté clivant de la screwball, j'imagine).


Morrinson
4
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Mon cinéma américain, Top films 1941, Mes comédies, Mes romances et Avis bruts ébruités

Créée

le 20 janv. 2026

Critique lue 6 fois

Morrinson

Écrit par

Critique lue 6 fois

D'autres avis sur Fiancée contre remboursement

Fiancée contre remboursement

Fiancée contre remboursement

4

Morrinson

2180 critiques

Cagney, ce pilote playboy

James Cagney et Bette Davis sont tellement à côté de la plaque dans cette screwball comedy, ça en devient presque gênant... Bon déjà de base, voir Cagney ailleurs que chez les gangsters et Davis...

le 20 janv. 2026

Du même critique

Boyhood

Boyhood

5

Morrinson

2180 critiques

Boyhood, chronique d'une désillusion

Ceci n'est pas vraiment une critique, mais je n'ai pas trouvé le bouton "Écrire la chronique d'une désillusion" sur SC. Une question me hante depuis que les lumières se sont rallumées. Comment...

le 20 juil. 2014

Birdman

Birdman

5

Morrinson

2180 critiques

Batman, évidemment

"Birdman", le film sur cet acteur en pleine rédemption à Broadway, des années après la gloire du super-héros qu'il incarnait, n'est pas si mal. Il ose, il expérimente, il questionne, pas toujours...

le 10 janv. 2015

Her

Her

9

Morrinson

2180 critiques

Her

Her est un film américain réalisé par Spike Jonze, sorti aux États-Unis en 2013 et prévu en France pour le 19 mars 2014. Plutôt que de définir cette œuvre comme une "comédie de science-fiction", je...

le 8 mars 2014