Comédie méga-classique du patrimoine italien (plus des trois quarts des notes sur IMDb proviennent d'Italie, ça doit être leur "Le Dîner de cons", ou plus précisément en termes de registre et d'époque, leur "Les Bronzés") qui peine quand même pas mal à traverser toutes les frontières, temporelle et géographique. Un film qui a beaucoup vieilli et qui se focalise entièrement sur les frasques de trois larrons accros aux paris hippiques, passant leur temps et l'intégralité du film 1) à parier, donc, 2) à trouver l'argent pour parier (en arnaquant / escroquant / mentant à tour de bras), et 3) à perdre absolument tous leurs paris. On cerne assez vite la mécanique comique unique dans "Fièvre de cheval", et on ne sortira pas de ce sentier parfaitement balisé.
Comédie sociale par excellence, jouissant d'un statut de film culte, caractéristique de l'atmosphère italienne des années 1970, et basant toutes ses ressources sur les déconvenues et les mésaventures du trio perdu dans son engrenage de paris perdus, et d'argent à rembourser (en empruntant d'autre argent à d'autres personnes, évidemment). Tout n'est pas désagréable, certaines combines font un peu rire (du moins les premières minutes), et on est censé éprouver une certaine sympathie à leur égard étant donné le niveau de malchance qu'ils se fracassent. Le film martèle l'illusion de la réussite facile, mais se perd un peu dans sa logique répétitive des paris perdus. La réception dépend il me semble grandement de l'adhésion à l'interprétation, structurée par la bêtise, la lâcheté, et l'aveuglement des trois interprètes principaux.