Plutôt une bonne surprise. Il est vrai que je n'en attendais pas grand chose. Un peu un choix par défaut, faute de nouveautés réellement inspirantes. Faute de grives, on mange des merles, hein. Et puis le pitch percutait tellement l'actualité, hein. Trouver un premier ministre, c'est un peu devenu notre sport national. Bon, le réalisateur, sans doute d'origine espagnole, a un passé de journaliste politique en France, comme l'une de ses personnages d'ailleurs. C'était sans doute trop tentant de construire un scénario là-dessus. Un peu facile aussi, en fait.
Il en ressort une comédie trépidante, parfois confuse, dans laquelle les événements comme les gags, sur le mode de la farce, s'enchainent à toute allure. Un peu dur de rentrer dedans, au début, mais on finit par s'y retrouver, même si, de trahison en trahison, de coup tordu en coup tordu, le spectateur peut parfois perdre un peu de fil. L'ensemble est tout de même jubilatoire, avec cette satire mordante de la classe politique (indissociable ici de ses "journalistes") française.
Après, le réalisateur évite tout de même les écueils que l'on observe très souvent dans le cinéma parisien contemporain. Pas d'autosatisfaction sur le mode qu'est-ce qu'on est beaux et qu'est-ce qu'on est intelligents, non plus que d'intellectualisme à deux balles. Pas le temps, en fait, ça va trop vite. Les personnages - politiciens comme journalistes - sont des caricatures vivantes et sont dans l'ensemble bien interprétés : mention spéciale à cet égard pour Alex Lutz. Et il est presque surprenant que la distribution comporte plusieurs acteurs de forte notoriété (Viard, Cluzet), alors qu'il s'agit presque d'un premier film. Plutôt réussi quoiqu'il en soit, dans le registre du divertissement.