Le pitch
Dans un futur proche, la puce Zoe implantée dans le cerveau enregistre la vie entière de son porteur. À sa mort, un monteur professionnel (un Cutter) est chargé de compiler ces images pour en faire un film commémoratif, la Rememory, en effaçant les péchés et secrets du défunt. Alan Hackman est le meilleur dans ce domaine. Mais en travaillant sur la puce d'un haut dirigeant, il découvre un souvenir de sa propre enfance qui le hante depuis toujours, bouleversant toutes ses certitudes.
Mon avis
Un thriller d'anticipation captivant et profondément sous-estimé. Porté par un Robin Williams d'une sobriété remarquable, le film évite intelligemment l'action facile pour se concentrer sur une réflexion mélancolique autour du deuil, de la vie privée et de la subjectivité de nos souvenirs. La mise en scène d'Omar Naim pose d'excellentes questions éthiques : a-t-on le droit de réécrire l'histoire d'une vie ? Le montage de la Rememory devient la métaphore parfaite du cinéma lui-même, capable de manipuler la vérité par une simple coupe. Un film intimiste, froid et élégant.
L'info
C’est le légendaire directeur de la photographie Tak Fujimoto qui signe la lumière du film. Connu pour son travail iconique sur Le Silence des Agneaux ou Sixième Sens, il réussit ici à créer un contraste visuel saisissant entre la texture brute, chaleureuse et parfois granuleuse des souvenirs enregistrés par la puce, et l'atmosphère clinique, sombre et désaturée des salles de montage où s'isole Alan.
Dans le même style
Strange Days (Kathryn Bigelow, 1995), One Hour Photo (Mark Romanek, 2002), Minority Report (Steven Spielberg, 2002), Anon (Andrew Niccol, 2018).