Les remakes venant des Etats-Unis, on commence à en avoir l’habitude, c’est un fait assez courant, encore plus de nos jours avec ces innombrables film qui sont déterrés pour en faire une version plus moderne, plus en adéquation avec les codes actuels, avec les résultats souvent plus que mitigés (pour être gentils). Mais parfois, et c’est bien plus rare, c’est autre chose qu’il se passe, à savoir un même scénario qui va donner lieu à deux films comme c’est le cas avec ce scénario écrit par Matt Naylor en 2019, dans lequel un homme seul, piégé dans un immeuble, tente de survivre à un virus qui transforme les gens en maniaques dévoreurs de chair humaine, comptant les jours, rationnant sa nourriture et son eau tout en essayant de ne pas devenir fou. Ce scénario, il a donné deux films, le coréen #Alive (2020) dont je vous ai déjà parlé, qui a rencontré un bien beau succès à sa sortie sur Netflix, et l’américain Alone (2020), bien plus méconnu, qui est arrivé chez nous directement en DVD/Blu-ray sous le titre Final Days. Deux films se basant sur le même scénario mais qui ont malgré tout des différences, mais surtout Final Days souffre d’une chose, c’est que j’ai vu #Alive avant lui.


Réalisateur de Hangman (2017) avec Al Pacino ou encore Vengeance (2017) avec Nicolas Cage, Johnny Martin a bénéficié d’un budget estimé à 4M$ pour mettre en images à son tour le scénario de Matt Naylor. Final Days suit donc la même trame que #Alive, aussi bien dans son rythme que dans les péripéties. La première moitié du film se concentre sur la survie, seul ans son appartement, de Aidan pendant que les infectés/zombies (ce n’est jamais explicitement dit) errent énergiquement dans les rues. Comme dans son homologue coréen, la deuxième moitié tente d’apporter un nouveau souffle à une première moitié assez lente, bien que jamais ennuyeuse avec un personnage qui, par la force des choses, commence à s’aventurer en dehors de son chez lui. Comme dans #Alive, Final Days est un mélange de désespoir, d’horreur, d’espoir et de romance. Certaines choses sont meilleures dans la version coréenne, certaines choses sont meilleures dans la version US. Première chose qui fâche dans ce Final Days, son protagoniste principal ET l’acteur qui l’interprète. Tyler Posey (la série Teen Wolf) est presque constamment à côté de la plaque en termes de jeu, là où son homologue coréen Yoo Ah-In était tout en justesse. Il n’est pas aidé par son rôle et surtout les réactions de son personnage complètement incohérentes. Il crie, il grogne, il parle, il hurle, dès qu’il en a l’occasion ce qui est quand même problématique dans un film où l’idée est de rester silencieux pour éviter d’être repéré par les zombies/infectés. C’est sans compter le nombre incalculable de situations dangereuses dans lesquelles il se met tout seul, enchainant les erreurs toutes plus stupides les unes que les autres. Il ne verrouille pas sa porte, il pose son arme sans raison particulière, il baisse un peu trop facilement sa garde, et ça en devient rapidement agaçant. Certes, tout cela est fait pour ajouter de la tension aux scènes de fouille et beaucoup de films d’horreur ont recours à ce genre de procédé, mais cela est couplé à des incohérences qui empêchent de pardonner ces erreurs. Pourquoi, alors qu’il vient de fabriquer une mini-tyrolienne, il prend des risques inconsidérés pour faire parvenir un des talkies walkies qu’il vient de trouver à sa voisine de l’immeuble d’en face alors qu’il aurait simplement pu le faire passer par la tyrolienne ? Ça défie toute logique, et c’est un exemple parmi d’autres.


Autre problématique de Final Days, c’est ce qui est fait du personnage féminin. Dans la version coréenne, c’est un personnage fort, qui porte une arme, qui fait des pièges, fracasse des crânes au besoin et fait preuve d’une réelle intelligence, comme toute personne censée le ferait lors d’une apocalypse zombies/infectés, en plus de sauver la vie du héros en lui fournissant de la nourriture. Ici, en plus de la romance un peu trop forcée, c’est l’inverse. Notre personnage féminin passe la plupart de son temps à être passive, à regarder notre héros se battre pour sa vie sans réellement rien faire, et comble du comble, c’est lui qui va lui donner à boire pour qu’elle puisse survivre. Oui, on faisait encore en 2020 des films avec des femmes qui ont besoin d’un prince charmant pour la sauver. On pourrait croire avec tout ça que Final Days est une purge de plus avec des zombies. Pourtant, il a malgré tout des points positifs qui lui permettent de ne pas sombrer dans les tréfonds obscurs des DTV bas de gamme. Johnny Martin arrive à bien gérer la tension et les scènes d’action de la deuxième moitié impliquant les zombies/infectés sont même parfois plus efficaces que dans son homologue coréen avec des ennemis extrêmement vifs, courant à grande vitesse, extrêmement balèzes en parkour / escalade, ce qui leur donne un côté bien plus effrayant. Là où la deuxième partie de #Alive devenait extrêmement classique en termes de films de zombies, Final Days s’en sort bien mieux sur ce point-là avec une sensation de danger plus présente. Même chose en ce qui concerne la fin, ou plutôt l’absence de fin, qui certes semble avoir déçu beaucoup de monde, mais qui pourtant semble vouloir nous dire que cette épidémie n’est que le début et que nos deux protagonistes principaux n’ont pas fini d’en voir des vertes et des pas mûres, là où la version coréenne préférait finir son histoire de façon bien plus clichée. C’est un parti pris qui est certes discutable, mais qui a le mérite d’être différent des attentes habituelles du public. Malgré tout, si on prend les deux films dans leur ensemble, Final Days est en deçà de #Alive. Mais peut-être que si on le voit en premier, on voit les choses différemment.


S’appuyant sur le même scénario que le coréen #Alive, Final Days lui est inférieur sur bien des points. Le film de Johnny Martin n’en reste pas moins une honnête série B qui remplir son contrat de divertissement 1h30 durant.


Critique originale avec images et anecdotes : https://www.darksidereviews.com/film-final-days-de-johnny-martin-2020/

cherycok
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le 10 mars 2026

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