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Par First Cow, je découvre Kelly Reichardt et j’ai immédiatement envie de voir le reste de sa filmographie. Car si l’on est bien face à un western dans le contexte historique, alors c’est le plus doux des westerns, dont la tension ne point que tardivement par les limitations du plan de nos deux larrons.


Un film dont la pudeur accompagne chacun des plans, chacun des échanges qui lie cette belle relation d’amitié entre Cookie le doux artiste et King-Lu le pragmatique. Une pudeur retranscrite par le format intime du cadrage qui verticalise l’image, resserre le récit, et met l’emphase sur la vétusté des bâtis de ce nouveau monde. Une pudeur qui va jusqu’au bout du récit, laissant le soin au spectateur de le boucler lui-même sans faire dans un démonstratif qui eut été dommageable à la tonalité cotonneuse de l’ensemble.


First Cow, c’est le fait divers d’une société balbutiante. La découverte d’une terre d’opportunité qui donne l’embarras du choix dans les rêveries des marginaux qui ont à la fois tout le temps du monde, et pas assez de temps. C’est le métissage de colons venus de tous les horizons pour se créer une vie, pour définir leur marque sur ces terres vierges. C’est le bucolisme de la cueillette aux champignons accompagnée d’une musique seyante. Ce sont les mots réconfortants susurrées à une vache durant une traite nocturne. Ce sont les échanges de bons procédés entre hawaïens, amérindiens, chinois, anglais et autres voyageurs.


Mais c’est aussi la présence du Facteur Chef, artefact du vieux monde qui vient vider la région de sa substantifique moelle, certain d’une éternelle abondance. Une réaffirmation de la fracture sociale qui n’épargnera pas cet ouest sauvage une fois la civilisation implantée, par le biais d’un homme si imbu de lui-même qu’il ne peut concevoir une déception à son encontre.


La réalisatrice refuse tout pessimisme, et préfère laisser parler la nature ingénue de Cookie et l’ingéniosité de King-Lu. Deux hommes en phase malgré leurs différences, portés par des envie de mieux dans ce champs des possibles.


Laissez-nous rêver en paix.


Frakkazak
8
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le 25 févr. 2025

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Frakkazak

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