De toutes les critiques positives que j'ai pu lire ici comme sur d'autres applications et blogs, il ne semble rien ressortir de plus comme "analyse" que des louanges sur l'acting impressionnant de Kinski et sur les conditions "folles" du tournage.
Pour le premier point, je ne peux qu’affirmer la prestation marquante de Kinski, qui maîtrise ses personnages fiévreux et magnétiques à la perfection comme on le reconnaissait déjà dans Aguirre, la colère de Dieu.
Pour le deuxième, je cherche encore à comprendre dans quelle mesure les conditions de tournage ont un quelconque impact sur la qualité du rendu final...
De ce constat, en enlevant l’aspect spectaculaire des coulisses, j’en déduis que la plupart des spectateurs n’ont, tout comme moi, pas ressenti grand-chose durant ce visionnage, ou alors peut-être est-ce si profond que personne n’ose en parler !
Si les plans de Herzog ont cette particularité unique d’allier à la nature sa vivacité et son aplomb par des travellings assez merveilleux, utilisant souvent le suivi d’un corps, je dois avouer que le reste de Fitzcarraldo m’a plutôt déçu.
En réalité, c’est précisément l’impasse faite sur les populations autochtones qui m’a irrité. L’incompréhension des croyances de ces dernières par l’équipage du navire est une source de réflexion infinie que le réalisateur aurait pu (et dû) exploiter. À mon humble avis (qui suis-je pour donner des conseils à Herzog…), il aurait été intéressant de faire s’affronter le dogme mystique et inexpliqué des Campa à l’obsession monomaniaque et prométhéenne de Fitzcarraldo.
Suis-je simplement passé à côté d'un de ces genres de films qui sont des chefs d'oeuvres de par leur seule existence ?
Peut être, il n'en reste pas moins que le meilleur film de l'Histoire du cinéma c'est The conqueror (1956) de Dick Powell car il a causé près de 90 cancers en raison du lieu de tournage extrêmement dangereux !