8
le 29 sept. 2023
SuivreParle avec elle !
Curieux comme il arrive que l'on fasse parfois se succéder au visionnage, par pur hasard, des films se répondant. Je savourais il y a deux heures l'animiste "Hors Satan" et voilà que reviennent tel...
Curieux comme il arrive que l'on fasse parfois se succéder au visionnage, par pur hasard, des films se répondant. Je savourais il y a deux heures l'animiste "Hors Satan" et voilà que reviennent tel un ressac d'indicibles batraciens au clair de lune !
Il y a des instants dans ces cinq chapitres où l'on soumettrait bien à Abbas d'arrêter la rallonge ! Mais en réalité je pense que l'expérience du film suppose l'usure de l'observateur afin d'atteindre le degré total d'immersion par un certain délassement.
Pour moi le film est la tentative d'un metteur en scène de rentrer en harmonie spirituellement avec la liberté du réel, de la nature, et d'en restituer le dialogue. Inépuisable fascination pour l'indicible frontière entre réalité et fiction.
1) Dans la première partie, il est décidé de "raconter" l'aventure d'un morceau de bois qui se promène sur le rivage, au gré du ressac, puis se divise pour se laisser enfin partiellement emporter vers le large. Etant donné la valeur rapprochée du plan, il y a un travail de recadrage régulier. On est déjà plus dans le réel, puisqu'on a défini du sens.
2) Les passants, déambulant face à la mer, illustrent la capacité narrative du pur plan fixe: des gens passent par la droite, par la gauche, plus au moins nombreux selon les salves, s'échelonnant plus ou moins près de l'objectif, à cadence variable...et puis un groupe s'arrête pour discuter, ils s'en vont, un seul reste planté !
3) Je ne saurais ajouter quoique ce soit aux sujet des canards, si ce n'est la touche d'humour tout à fait appréciable dans une oeuvre à la fois radicale et poétique.
4) Les chiens. C'est marrant, au début je me suis bien demandé ce qu'il y avait à l'horizon. J'ai pensé d'abord à des phoques, puis à un groupement de femmes voilées de noir (désolé, n'y voyez aucune association !). Je suis resté fasciné par le fondu au blanc extrêmement progressif, laissant place à la seule dimension sonore de cette même réalité. Incroyable pouvoir de l'abstraction sur l'imaginaire !
5) Mon opus préféré. Les grenouilles au clair de lune. Un très grand moment de cinéma qu'il serait bon de voir en salle, tant la perfection acoustique de la prise de son est saisissante. J'ai pensé à Mizoguchi, à Miyazaki. Presque une expérience mystique !
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Films vus en 2023, Expérimental / Avant-garde, Art & Essais, Regard contemplatif-distancié-poétique et Hors champ
Créée
le 29 sept. 2023
Critique lue 43 fois
8
le 29 sept. 2023
SuivreCurieux comme il arrive que l'on fasse parfois se succéder au visionnage, par pur hasard, des films se répondant. Je savourais il y a deux heures l'animiste "Hors Satan" et voilà que reviennent tel...
8
le 20 déc. 2019
SuivreAbbas Kiarostami envisage le geste cinématographique comme une édifiante pulsion de vie ; ses cinq prises du vue proposent et permettent tout : l'ennui, l'errance, l'observation, l'étonnement,...
4
le 27 avr. 2024
SuivrePremier visionnage du film. Bien difficile de saisir spontanément la parabole tant la narration est abscons et n'illustre que chichement l'existence rationnelle des corinthiens par opposition aux...
7
le 13 mars 2024
SuivreTrès bel album jazz contemplatif, classique, avec ce bel ancrage folk britannique par ses déroulés de harpe et son invitation méditative métissée vers l'orient, invitant le koto. Certes pas tout à...
5
le 1 mars 2024
Suivrele 1 mars 2024
Des plans pittoresques somptueux insufflant un bel écrin à l'aventure de nos sergents britanniques en quête de pouvoir. La bouffonnerie des dialogues de deux compères, en pleine forme, peinent à...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème