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Abbas Kiarostami envisage le geste cinématographique comme une édifiante pulsion de vie ; ses cinq prises du vue proposent et permettent tout : l'ennui, l'errance, l'observation, l'étonnement, l'anticipation... Five décline donc le temps et son mouvement sous la forme épurée de cinq tableaux pratiquement fixes, à la réalité cyclique et, de fait, évolutive.
Du premier plan suivant à la trace un rondin de bois sous le coup du ressac maritime à la dernière vision d'un reflet lunaire augurant le petit matin en passant par une flopée de volatiles traversant le champ comme une drôle de basse-cour Five met chaque élément du réel sur le même pied d'égalité : figures humaines, animaux, forces de la nature... Kiarostami capte la vie avec l'impartialité la plus irréprochable, tout en expérimentant à travers ses prises différentes audaces : là un dispositif scénique proche de la chorégraphie ( le second plan ), là une vision extraordinairement reposante d'une famille de chiens campant en bord de plage, vision proche de l'abstraction virant au fondu au blanc ( le troisième ), là encore une exploration de l'obscurité quasi-totale rappelant les recherches du cinéaste sur son excellent ABC Africa ( le cinquième, enfin ).
L'Oeuvre est hypnotique, captivante et belle - au corps défendant d'une caméra DV très en vogue dans le courant des années 2000. Abbas Kiarostami rend donc gloire au cinéma de Yasujirô Ozu, filmant ses figures en mouvance pratiquement à hauteur de tatami. Un élégant regard de cinéaste, humble et contemplatif à re-découvrir d'urgence.
Créée
le 20 déc. 2019
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