Très beau film à travers lequel Daisuke Itō nous rappelle pourquoi il est considéré comme le premier maître du cinéma historique japonais (jidai-geki). Ce film, réalisé avec un budget extraordinaire pour l'époque, a été commandé pour célébrer les 30 ans de la Shōchiku.
L'histoire, qui se déroule telle une pièce de théâtre kabuki est inspirée de faits réels et tragiques. A ce sujet, le spectateur non averti devrait avant de visionner le film effectuer une recherche rapide sur le shogunat des Tokugawa (1603-1868) et le système des hatamoto -- ou hommes liges -- faute de quoi la critique sociale sous-jacente risque quelque peu de lui échapper.
Cette critique de la société féodale et de la caste guerrière des samouraïs était plutôt vue d'un bon œil par l'occupant américain (1945-1952) dont les censeurs n'auraient pas permis la sortie d'une œuvre prônant des valeurs contraires ou glorifiant le passé guerrier des Japonais. On considère -- peut-être à tort -- qu'Itō n'a pas su se renouveler par la suite et s'est enfermé dans son style si particulier et ses thématiques de toujours.
Cinq hommes d'Edo n'en reste pas moins un merveilleux témoignage de son art et réunit un superbe casting : Tsumasaburō Bandō, Utaemon Ichikawa, Isuzu Yamada, Mieko Takamine...