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Qui est le film ?
Five Nights at Freddy’s 2 s’inscrit dans la continuité du premier long métrage réalisé par Emma Tammi, produit par Blumhouse et adapté de la franchise vidéoludique créée par Scott Cawthon. Sorti dans un contexte où l’horreur grand public est de plus en plus calibrée pour un public adolescent, le film assume un classement PG 13 qui conditionne d’emblée ses formes, ses limites et ses renoncements. Le film raconte le retour de Mike Schmidt, ancien veilleur de nuit marqué par les événements du premier opus, confronté à une nouvelle pizzeria hantée et à une entité issue du lore de la saga. En somme, idem en moins bien.

Par quels moyens ?
Premier élément, le montage. Le film ne construit jamais de durée. Les scènes s’enchaînent sans respiration ni crescendo. Les jumpscares apparaissent comme des ponctuations obligatoires, jamais comme l’aboutissement d’un travail de tension. Ce choix trahit l’essence même du jeu original, fondé sur l’attente, la répétition, l’angoisse née de l’immobilité. La mise en scène se met au diapason en privilégiant une lisibilité constante, des cadres plats, une lumière uniforme qui empêche toute zone d’incertitude. La pizzeria n’est jamais pensée comme un labyrinthe mental ou physique. Il n’y a pas de géographie anxiogène, pas de zones interdites, pas de hors champ actif. Le décor devient un simple fond fonctionnel. Le propos horrifique est considérablement affaibli par la grammaire qu'il déploie.

Autre point, l’usage du lore. Le film suppose un spectateur déjà initié. Les éléments narratifs sont exposés comme des évidences, jamais comme des mystères à faire naître. Ensuite, l’écriture des personnages. Mike Schmidt est vidé de toute trajectoire. Josh Hutcherson incarne un état de fatigue généralisée, il stagne. Ce qui empêche toute identification active et transforme le film en succession d’événements vécus à distance. Qui plus est, le film multiplie les scènes explicatives et pseudo introspectives qui ne révèlent rien. La parole sert à combler des vides, ralentit sans densifier, occupe sans signifier. Cette abondance de mots sans enjeu accentue la sensation d’un film qui n’a rien à dire mais du temps à remplir.

Quelle lecture en tirer ?
Five Nights at Freddy’s 2 est un film qui regarde son propre public avec condescendance. Il suppose une attention fragmentée, un regard distrait, une consommation en arrière plan. Il épouse les conditions de visionnage contemporaines. Une œuvre peuplée de machines vides, programmées pour répéter des gestes sans conscience, destinée à des spectateurs que le film traite comme des automates capables d’ingérer du contenu sans éprouver. En résume, le cliffhanger final qui annonce un produit.

cadreum
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le 22 déc. 2025

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