J’ai été d’autant plus sensible au propos de ce documentaire animé que je lis actuellement Les Cerfs-Volants de Kaboul de Khaled HOSSEINI qui raconte une histoire similaire.
Avec Flee le réalisateur danois Jonas POHER RASMUSSEN retrace l’itinéraire – vécu – de son ami d’enfance Amin NAWABI (pseudonyme) qui a fui le régime des talibans à la fin des années 1980 afin de vivre libre et en sécurité, et assumer son homosexualité. Le choix de l’animation garantit l’anonymat du protagoniste qui a mis du temps à évoquer son passé douloureux.
La réalisation est intelligente : elle alterne dessins semi-réalistes (la plupart du film), esquisses et brouillons (les instants les plus troubles dans l’esprit d’Amin, ou bien les pires passages de son existence) et images d’archives en prises de vues réelles. Et comme souvent, la BO – très variée – contribue également à la réussite de ce film d’animation.
En outre, dans un souci d’authenticité, les langues d’origine ont été conservées selon les circonstances : dari (entre afghans), russe, danois/français (pour le récit) …
Ce témoignage est à la fois pudique et dur, délicat et puissant.
Le film, qui a reçu 3 nominations aux Oscars 2022, sera distribué dans les cinémas français le 31 août.