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le 31 déc. 2012
SuivreLe père de la mariée
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De lire diverses critiques de films de Ozu sur SC m'a donné envie d'en "découdre" un peu avec lui à travers un coffret contenant 6 DVD…
En principe, "Fleurs d'équinoxe" est un des rares films d'Ozu que je suis censé avoir vus dans un passé plus ou moins lointain. Ce sera néanmoins pratiquement de la découverte à ceci près que le souvenir flou que j'avais conservé de ce réalisateur était qu'il s'intéressait beaucoup aux relations internes à la famille.
Et ici, c'est bien un peu le cas puisque le sujet concerne un père de famille, homme d'affaires, qui s'oppose à ce que sa fille se marie avec l'homme qu'elle aime parce qu'il avait d'autres projets la concernant. En fait de projets, il aurait surtout bien aimé ne pas être mis devant le fait accompli.
On est en 1958, dans un Japon largement d'après-guerre en proie à diverses mutations ou transformations où les règles d'avant concernant les mariages obligatoirement arrangés ne prévalent plus. Les enfants qui ont 20 ans en 58 sont nés avant-guerre dans un Japon traditionnel où les parents suivaient (subissaient) les règles d'antan.
Le film se cristallise sur la famille Hirayama où le père, Wataru, est pris en flagrant délit de contradiction. Lors d'un mariage, il est prié de faire un discours et félicite le jeune couple de se connaitre et s'aimer depuis longtemps tout en déplorant l'ancienne coutume qui conduisait à des mariages aussi peu romantiques que possible puisque les jeunes mariés ne se connaissaient pas. Évidemment quand le prétendant de sa fille Setsuko vient le voir au bureau pour lui apprendre qu'il compte se marier avec sa fille, il le ressent comme une provocation et une vraie perte de pouvoir du père de famille ...
Mais au-delà du sujet du film, c'est aussi intéressant de voir les anciennes traditions qui cherchent à perdurer à travers le chant patriotique à la gloire de l'empereur entonné (psalmodié) lors d'un repas d'hommes qui font le constat de l'évolution normale de la société vers plus de souplesse entre parents et enfants … Non sans humour quand ils discutent du nombre de filles qu'ils ont chacun, comme autant de contraintes à venir. Surtout qu'il y a un des convives qui avoue, dépité, avoir sept filles … Personne ne se permet le moindre commentaire mais on entend tout le monde penser.
D'un point de vue technique, le film est le premier qu'Ozu tourne en couleurs. Et un des derniers d'Ozu, m'interpellant un peu sur mon choix de commencer par ce film finalement tardif … Bref …
Un point particulier est la façon de tourner de Ozu dans ce film exclusivement en plans fixes, pratiquement à hauteur du sol et en utilisant la technique du champ-contrechamp. À voir ultérieurement si c'est une règle générale ou un cas particulier pour ce film. Et puis, on apprécie le soin apporté aux détails, aux décors ou aux costumes.
Quant au choix des acteurs, je n'ai pas grand-chose à dire sinon que j'ai trouvé le personnage de la mère, Kiyoko, tout-à-fait excellent en femme à la fois soumise et capable de défendre un point de vue face à sa tête de cochon de mari. L'actrice, Kinuyo Tanaka, est impressionnante dans ce film.
Intéressant. Suite au prochain épisode …
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Créée
le 13 juin 2025
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