Le film nous fait découvrir un petit chat vivant dans un monde où l’espèce humaine semble avoir disparu. Son quotidien va être bouleversé par une soudaine montée des eaux qui l’entraîne dans une odyssée extraordinaire à bord d’un bateau de fortune, qui se transformera en une petite arche de Noé. Sur son embarcation, il rencontrera d’autres animaux. Ensemble, ils devront apprendre à s’apprivoiser et à collaborer pour surmonter les épreuves qui les attendent…


Visuellement, c’est somptueux. Les décors sont d’un réalisme impressionnant, avec un immense travail sur le rendu de l’eau. Le tout est sublimé par un effet aquarelle, notamment dans le traitement des animaux, qui intensifie l’onirisme de l’œuvre. Car oui, c’est une poésie de tous les instants, avec des envolées lyriques qui touchent le spectateur en plein cœur. Le film m’a totalement captivé ; pendant 1h30, j’ai eu les yeux écarquillés, collés à l’écran pour profiter du spectacle.


Contrairement à ce à quoi nous sommes habitués, il n’y a ici aucun anthropomorphisme. On est bluffé par le réalisme des comportements et la fluidité des mouvements. Le réalisateur ne cherche jamais à humaniser les animaux, et l’on s’amuse régulièrement de leurs réactions, qui apportent de nombreuses séquences comiques.


On en vient à la grande prise de risque du film, qui est aussi son plus grand atout : il s’agit d’un film muet, un choix audacieux qui laisse une grande place à l’imaginaire du spectateur, notamment pour comprendre ce que chaque animal exprime à travers ses gestes et interactions. Et pourtant, on ne se perd jamais : l’évolution des relations entre les personnages semble évidente, et surtout, on ne s’ennuie pas un instant. Le pari était risqué, mais il permet d’atteindre une forme de pureté narrative et d’émotion brute.


Mais surtout, le film n’oublie jamais de faire du cinéma. C’est inventif à chaque plan, avec une caméra en mouvement continuel. La composition des plans met toujours en avant les rapports d’échelle, filmant l’action à hauteur des personnages, ce qui souligne leur fragilité face à l’immensité de la nature. Le film enchaîne les longs plans-séquences spectaculaires, jouant avec les angles. Le tout est accompagné d’un travail sonore millimétré, offrant au spectateur une expérience visuelle et auditive saisissante. Car oui, c’est un vrai film de cinéma, qu’il serait regrettable de ne pas découvrir sur grand écran…


FLOW est un véritable raz-de-marée qui emporte tout sur son passage. C’est un voyage cinématographique et sensoriel unique, une fable écologique d’une beauté hallucinante, avec un puissant message sur le pouvoir du collectif et de l’entraide. Un film qui laisse le spectateur rêveur, le sourire aux lèvres et des étoiles plein les yeux…

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Créée

le 31 oct. 2024

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