Le scénario promettait un film intéressant, dangereux, peut-être un peu malsain, et le début va dans ce sens.
Le décor est bien posé, les personnages charismatiques, l'héroïne superbe.
Et puis étrangement, dès que l'on passe aux choses sérieuses (l'enlèvement de l'héroïne), le charme cesse d'opérer. Shizuko est souvent superbement filmée, mais l'absence totale de scénario, le manque d'inventivité caractérisé dans le choix de la bande-son, le décor minimaliste, un paysage sonore peu travaillé et un montage des plus paresseux annihilent toute possibilité d'implication du spectateur, que ce soit vis-à-vis du suspense ou de l'érotisme.
C'est un peu dommage alors que la situation pouvait accoucher d'une histoire bien plus forte, dérangeante et troublante.
Les scènes, le décor et certains personnages (le présentateur burlesque) semblent à la croisée du manga et du théâtre. On peut y trouver un certain intérêt, et cela évoque les étranges spectacles auxquels on peut assister derrière certaines portes du Kabukicho de Shinjuku à Tokyo.
Le choix d'une actrice un peu plus mûre que la moyenne est aussi rafraîchissant, et participe de l'érotisme (ou des potentialités gâchées) du film, mais le personnage est malheureusement terriblement sous-développé. On sent le regard masculin du réalisateur et l'absence totale de féminité dans l'écriture (mais ce n'est pas le propos de ce genre de films).
Quant à l'histoire, on peut se demander si le scénariste/réalisateur ne s'est pas retrouvé bloqué dans les 10 dernières minutes, pour finalement se livrer à des sortes de brouillons de pirouettes scénaristiques sans vraiment savoir dans quelle direction aller. Le film se conclut sur un gros plan maladroit et convenu, qui fait en définitive écho aux nombreuses autres scènes a priori inachevées du film.
Mais comme tous les choix de mise en scène, à défaut d'être judicieux, semblent réfléchis, et que l'actrice est indéniablement bien filmée, ce film mérite que l'on y jette un œil, ne serait-ce que pour une petite heure.