Les films coquins en mode comique semblent un genre de niche moribond, tant ils se font rares sur les écrans et semblent appartenir au passé (les années 70 ou 80) ou réservés au domaine de la production télévisuelle comme la britannique et adolescente « Sex Education ». Et sur ce genre inusité, le public jeune est souvent privilégié comme avec la saga des « American Pie ». Voir débarquer le film québécois « Folichonneries », qui se positionne comme une chronique sexuelle mâtinée d’amour, nous rappelle donc au bon souvenir d’une époque révolue et un film qui souffle un vent frais et inédit sur les salles de cinéma de la Belle Province malgré un côté anachronique. Néanmoins, si la proposition est originale et bien tenue, elle n’est pas aussi renversante et satisfaisante que prévu.


On passe un moment sympathique à assister à la crise sexuelle vécue par un couple de quadragénaires et les séquences inaugurales, assez caustiques, donnent le la. Passé cette entame, « Folichonneries », qui est censé être une comédie polissonne, échoue tout de même à être la grosse tranche de rire coquine et décomplexée attendue. On sourit souvent de quelques dialogues écrits avec justesse et de situations bien trouvées mais le rire franc n’est clairement pas au rendez-vous alors qu’un tel sujet s’avérait extrêmement prometteur et roboratif sur le sujet. Ensuite, le dernier tiers du film fait un peu du surplace, les enjeux et développements calent ou radotent et tout cela peine à se conclure. Enfin, l’esthétique volontairement très cheap, image granuleuse et mise en scène foutraque, sont conduits avec cohérence tout le long du film mais on ne peut s’empêcher de se demander si une autre approche formelle n’eut pas été plus pertinente (et agréable à l’œil). La forme du film rappelle ceux de Sophie Letourneur, entre documentaire fauché et autofiction fantasmée. Et, justement, la cinéaste fait une apparition amusante dans le film.


Ne boudons cependant pas notre plaisir! Ce long-métrage écrit, réalisé et joué par Éric K. Boulianne réserve assez de bons moments pour ne pas s’en priver. Son duo avec Catherine Chabot est très réussi et on apprécie le fait que le script ne tire pas à vue et n’hésite pas à aller franchement dans le cru et l’absence totale de pudeur. Nudité décomplexée, échange crus mais bourrés d’acuité et situations rocambolesques assumées jusqu’au bout, « Folichonneries » ne ment pas sur la marchandise. Et l’analyse du couple et de la sexualité contemporaines avec ses contradictions est d’une justesse appréciable. Le film fait le tour de la question (et du champ des possibles sexuels) avec aplomb et une pointe de tendresse non négligeable et appréciée. Peu commun, imparfait mais sympathique.


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JorikVesperhaven
6

Créée

le 1 févr. 2026

Critique lue 92 fois

Rémy Fiers

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