Le réalisateur romain Paolo Genovese s'est fait une spécialité des films-concept, à partir d'une idée originale, comme le très réussi Perfetti Sconosciuti ou encore The Place, deux longs métrages qui ont d'ailleurs fait l'objet de nombreux remakes, de par le monde. Dans Follemente, c'est l'anatomie d'un premier rendez-vous amoureux qu'il nous ait donné de contempler, à travers toutes les pensées d'un couple en devenir, incarnées concrètement par des personnages en chair et os. Le procédé est un peu lourd et répétitif pour un sujet qui se veut tout de même léger. C'est aussi l'obligation de ne faire progresser l'action qu'à travers des dialogues, plus ou moins pertinents et captivants, et leur sous-texte, abondamment commenté par les consciences incarnées de l'homme et de la femme, aux prises avec leurs hésitations et leurs désirs. Ce serait faux de dire qu'il ne se passe rien, c'est même plutôt l'inverse, dans cette version verbeuse, sans grande envergure et surtout beaucoup moins drôle du célèbre Delphine 1 - Yvan 0, qui n'était cependant pas une grande réussite, non plus. En s'efforçant d'interpréter tout ce qui se dit ou tout ce qui se cache lors d'une première rencontre sentimentale, le film se déleste malheureusement de ce qui ne s'explique pas et se ressent, dans une alchimie aussi magique, ou pas, entre deux êtres en quête de séduction.