Asocial, humilié par ses collègues et excédé par les réprimandes de sa tante chez qui il est hébergé, Eric Binford trouve du réconfort dans les innombrables films qu’il visionne. C’est à travers le 7è Art qu’il trouve du plaisir et du réconfort, au point de passer le plus clair de son temps au cinéma ou enfermé dans sa chambre à regarder de vieux films avec lesquels il bascule doucement vers la folie en s’identifiant aux stars qu’il adule, pour ensuite commettre des meurtres.
Au premier abord, ce film cochait toutes les cases pour me plaire et avec lequel je pouvais m’identifier. On découvre un anti-héro cinéphile, pour ne pas dire cinévore. Il consulte un programme hebdo des sorties ciné (un genre de “Pariscope” ou “L'Officiel des spectacles” dans lequel il entoure tous les films qui l’intéresse, ce que je faisais quand j’étais ado), il a dans sa chambre un projecteur 35mm dans lequel il visionne des films avachi dans son fauteuil de cinéma (ce que je fais aussi), il collectionne tout un tas de choses en lien avec le 7è Art, regarde une quantité astronomique de films et travaille dans le milieu du cinéma, bref, c’est mon portrait craché. A la différence que je ne me fais pas humilier par mes collègues et que je ne fantasme pas sur Marilyn Monroe.
Bref, ce film aurait dû me passionner mais c’est tout le contraire. Non seulement le film met un temps considérable à démarrer (une bonne grosse demi-heure), mais une fois que la machine est en marche, il est constamment handicapé par des baisses de rythme intempestives et une mise en scène totalement amorphe (on s'ennuie considérablement).
C’est d’autant plus regrettable que le personnage principal est intéressant et il y a de nombreuses idées pertinentes, notamment le fait d’avoir utilisé des extraits de films pour représenter ce qui se passe dans l’esprit d’Eric (on y retrouve entre autres Le Carrefour de la mort - 1947, L'Étrange Créature du lac noir - 1954, Le Cauchemar de Dracula - 1958 ou encore La Nuit des morts-vivants - 1968), si l’idée de départ est louable, ça n’en reste pas moins qu’un artifice répétitif.
Finalement, Fondu au noir (1980) n’est rien d’autre qu’un “film-hommage” à Hollywood, avec ses clins d’oeil et ses nombreuses références (la momie d’Universal Monsters ou la scène de la douche façon Psychose - 1960). D’ailleurs, histoire d’enfoncer le clou si vous n’aviez toujours pas compris, la scène finale se déroule sur le toit du célèbre “Grauman's Chinese Theatre" sur Hollywood Boulevard.
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