le film s'ouvre sur une invective de l'intègre député Avenel, faisant face à ses collègues de l'Assemblée Nationale dont certains lui répondent par des cris d'animaux. Le ton est donné, celui de l'anti-parlementarisme. Et c'est parce qu'il est brillant ou bien pour le faire taire qu'il est proposé au frondeur d'intégrer la franc-maçonnerie.
Paul Riche, surnom de Jean Mamy, situe tout au long des années 30, sa démonstration par la caricature et la détestation du fonctionnement des loges, en l'occurrence le Grand Orient de France.
Sur la forme, le réalisateur, ancien franc-maçon lui-même, filme longuement l'initiation d'un profane, sorte de baptême païen sur le mode d'une liturgie à la fois inquiétante et grotesque. Si le réalisateur veut tourner en ridicule tous ces rites des loges, c'est fait. Sur le fond, la clique des francs-maçons est un composé de parlementaires corrompus, de clientélistes, de bellicistes, de juifs, que des inutiles et des nuisibles dont la guerre et la débâcle sont l'œuvre et le dessein, suivant la doxa pétainiste.
"Forces occultes" est un moyen-métrage d'un réel intérêt dans sa démarche de dénoncer et d'édifier. Avec ce ton vindicatif et cette manière d'exécrer, au moyen d'une mise en scène sans ambages, ce film de propagande et de Collaboration est réussi et n'est pas loin d'être passionnant.
Jean Mamy a très mal fini après la Libération; son film n'en est pas la raison principale.