Lors-qu’arrive le générique de fin, que se déroulent les toutes dernières images sur la musique du générique, la rencontre du jeune homme et de l'enfant dans un jardin inondé de soleil, sous les yeux de leurs familles heureuses, on se demande: cela s'est-il vraiment passé ainsi? Est-ce un souvenir fabriqué? Une mise en scène ou un rêve? Une allégorie de la mémoire figée à jamais à l'époque du bonheur? Ou simplement le tout dernier instant après tous les instants d'une vie où la fuite et la recherche de la même vérité fusionnent enfin?
Et l'on remonte grain par grain, tout le fil du scénario, retrouvant les scènes qui n'avaient auparavant que l'apparence d'illustration, des détails uniquement semés là pour entretenir le suspense et susciter l'inquiétude et qui désormais revêtent des significations plus cruciales, une symbolique plus profonde ouvrant sur des ramifications qui ne pouvaient qu'être hors de notre compréhension tant que nous ne disposions pas de toutes les clés... pour ouvrir les portes interdites.
J'aime qu'un film une fois le générique terminé, me revienne en mémoire, bribe par bribe, encore, quelques jours, des impressions... il ne sera pas facilement oublié.
C'est un thriller(pourtant ce n'est qu'un thriller) et un très bon thriller, très écrit qui maintient tout du long rythme et tension, qui brouille habilement les cartes et nous entraine dans une course époustouflante jusqu'à un dénouement poignant de cynisme et de désespoir.
Début classique: une famille emménage dans une nouvelle maison dont une pièce doit rester fermée. Après l'enlèvement de son frère, le jeune homme sent la réalité de son quotidien se fissurer peu à peu. Tension, suspense, moments de stress entrecoupés de scènes de cauchemars ou de souvenirs confus, rien ne laisse entrevoir la vérité jusqu'au moment où le film bascule dans sa seconde partie, nous livrant des explications sans une once de certitude, nous plongeant dans une course désespérée, où tout se brouille et s'emmêle, les identités fusionnent et s'effacent, tour à tour héro ou tortionnaire, poursuivant ou poursuivi, innocente victime ou meurtrier, entre la négation, la fuite et la poursuite inébranlable de la vérité. Jusqu'au dénouement, la dernière partie: révélation où tout l'engrenage s'effondre.
Les 2 rôles principaux sont particulièrement bien incarnés, l'un l'autre se faisant face, se répondant, se manipulant ou s'affrontant, opposés et identiques par leur vécu, incapables de se sauver l'un l'autre, vengeance et expiation ne faisant qu'un.
Prenant du début à la fin, parfaitement interprété sans souffrir de cassure ou de baisse de rythme malgré les tournants brutaux empruntés par un scénario intelligent et bien écrit, c'est un vrai bon thriller, un de ceux qui surprend et déroute(parce qu'il n'y a rien de plus décevant que de deviner trop tôt), et même quand tout semble expliqué, on continue de douter et d’espérer, de fuir et de chercher, du suspense au drame pessimiste et bouleversant de la révélation finale: la destruction de la famille, la fin des héros et des grands frères...