Dans les années 60, la guerre de Sécession reste un sujet tabou outre-Atlantique. Déjà le thème n'est pas si fréquent dans le western si on le rapporte à son importance dans l'histoire américaine, et quand il est abordé, c'est toujours avec un pas de côté.
Dans Fort Bravo, il s'agit bien des Nordistes contre les Sudistes, les bleus contre les gris, mais l'action se passe loin de la boucherie de Gettysburg, tout à l'Ouest dans un camp de prisonniers tenu par les soldats de l'Union, paumé au milieu de montagnes arides et truffées d'Indiens.
L'antagonisme bleu-gris du départ laisse la place à l'entre-aide entre les gentils Blancs contre les méchants Peaux-Rouges. Alors qu'en France il ne fait pas de doute que les gentils sont les Tuniques bleues abolitionnistes, rarement Hollywood prend fait et cause pour un des deux camps. Et pourtant par le passé, les vainqueurs n'ont pas toujours fait preuve d'autant de magnanimité à l'égard des vaincus.
Un western solide et plaisant (même si William Holden ne se foule pas trop), avec une belle histoire d'amour qui, une fois n'est pas coutume, ne tombe pas comme une perruque sur la soupe. Et une des plus chouettes attaques d'Indiens que je connaisse. De l'amour et de la guerre en gros.
PS : Joli best-of de chansons de l'Ouest américain.