Ce western militaire suit un escadron de tuniques bleues dans une série d'escarmouches avec des apaches. Le personnage central joué par Joel McRea est le plus complexe, car en lui plusieurs impératifs se heurtent.
Il est porté par un besoin de vengeance haineuse car sa femme a été violée et tuée par des apaches (après qu'elle aie du sacrifier ses deux enfants pour les préserver d'une mort encore pire).
Il est imprégné par sa mission de servir (c'est un sergent expérimenté).
Et il est contraint de diriger son escadron avec le souci de le mener à bon port or il ne voulait pas commander ni prendre les décisions (mais ses officiers ont été tués).
A chaque étape du périple de sa patrouille, c'est l'un ou l'autre bois dont il est fait qui prend le dessus, marquant ses décisions soit du plus courageux, du plus noble, du plus lucide ou bien du plus médiocre et du plus vil.
Ces mouvements en lui sont suivis par le spectateur dans l'action même, dans les tactiques de la guérilla avec les apaches, et quelquefois dans des interactions et des dialogues avec ses hommes, des échanges plus subtils qu'il n'y parait.
Les critiques de l'armée par les soldats sont plutôt répétitives et parfois semblent inappropriées - mais il faudrait revoir le film en VO car la VF est trompeuse.
Un vieux piute et sa petite fille, leur âne au dos blessé et leur chèvre apportent une touche civile à ce huis clos militaire en action.
Il est surprenant de voir dans un western de cette époque (1958), un "fragging" (meurtre d'un officier mal aimé de la troupe par un de ses subordonnés) et encore plus de le voir explicitement justifié (par le personnage joué par John Russel).
Il est vrai que le personnage joué par Mc Rea qui s'apprête à abattre le viel indien semble pour la premiere fois dans le film agir très clairement pour son propre interêt et non pour son interprétation du devoir.
C'est surprenant car c'est un genre d'action qui est taboue au cinema jusqu'aux films de l'après- guerre du Vietnam quand la critique de l'armée fut devenue un fait sociétal, ce qui n'était pas le cas auparavant. Dans les films sur la 2eme guerre mondiale, on a pu saisir parfois (rarement) quelques allusions, par exemple dans les Nus et les Morts de Raoul Walsh (et cela sans doute parce que le roman de Norman Mailer en faisait état ouvertement).
Les série B nous offrent parfois de ces surprises que le cinema mainstream ne permet pas encore à certaines époques.
Le Cinemascope couleurs et la photo de Carls S. Guthrie sont magnifiques dans des paysages splendides de l'Utah, puis dans la cité troglodyte de Anasazy.
A revoir donc en Version Originale.
(Notule de 2021 publiée en Aout 2025)