On trouve sur certains site comme IMDb des synopsis très probablement écrits par des personnes n'ayant rien eu à voir avec le processus créatif (Sean Baker a 29 pour son pour son premier film et est un peu partout, écriture, réalisation, montage), mais qui sonnent terriblement prétentieux — en soi, mais encore plus à la lumière du contenu de "Four Letter Words". En substance, on affirme qu'il est carrément question d'une "Étude de la psychologie masculine post-adolescente, offrant un regard souvent humoristique mais brut et sans concession sur les opinions, les attitudes et le langage des jeunes hommes dans les banlieues américaines". Personnellement j'aurais plutôt tendance à décrire ce film comme une version vaguement auteurisante de "American Pie", et je pense que cette description serait bien plus fidèle. Mais je m'égare.
Il ne faut pas être allergique aux tunnels de dialogues quand on se lance dans cette première réalisation de Baker : c'est simple, aucun temps mort à ce niveau-là pendant 1h20, avec une expérience quasiment intégralement confinée à l'intérieur d'une maison dans laquelle d'anciens potes de lycées se retrouvent, profitant de l'absence des parents. Un procédé assez assommant, car les ados n'en finissent pas de parler autant de géopolitique que de porno, de picole et d'art, au gré de divagations alcoolisées que Baker nous inflige sous de nombreuses formes — vomi en gros plan, discussions interminables sans queue ni tête, etc. Clairement le film n'est pas que ça, et on sent que quelque chose se transforme au fur et à mesure que la soirée avance. Plus le groupe évolue (des filles partent à un moment par exemple), plus le taux d'alcoolémie monte et descend, plus les petits conciliabules se répartissent aux quatre coins de la maison, et plus on accède à certaines parts intimes des personnages (un peu trop nombreux pour qu'on s'y attache particulièrement). Mais c'est malgré tout l'ennui qui domine, au fil de la soirée et de ses multiples contre-soirées.