Certains films ont beau jouir d’un statut de film culte, ils sont difficilement défendables des décennies après leur sortie. C’est le cas, par exemple, de ce Foxy Brown qui a affreusement vieilli et dont seul le message peut encore interpeller. Pensez donc en 1974, montrer une femme, black de surcroit, en femme forte, capable de dézinguer du méchant blanc pendant plus d’1h25, c’était évidemment un message féministe avant l’heure et un message racial bien entendu. Cinquante ans après, il ne reste malheureusement que ça de ce titre assez faible qui ne fait que reprendre les thèmes déjà évoqués dans Coffy qui, lui-même, n’a pas résisté aux affres du temps. Si le début est prometteur avec une ambiance nocturne qui fonctionnait à merveille en ce temps du polar urbain, la suite ne tient pas la distance.


Comme le voulait le genre, Jack Hill se contente de proposer un film subversif en abusant de plans cul totalement gratuits, de scènes gore plus ou moins réussies et d’un récit gravitant autour de la prostitution et de la drogue. Sorti de là, il n’y a quasiment rien à sauver. Entre un récit hésitant mais cousu de fil blanc, des interprétations très approximatives et une vengeance qui s’exerce physiquement dans les dix dernières minutes, le réalisateur brode pendant plus d’une heure et le film, qui se voudrait nerveux, se révèle assez pauvre en action. Quant au thème général du film, la vengeance, elle a eu, et bien heureusement, d'autres incarnations plus palpitantes.


Mal exécuté, ficelé à la hâte pour surfer sur le succès de Coffy (17 jours seulement de tournage), ce film de blaxploitation compile tous les défauts du genre. Ça pue l’amateurisme à tous les étages, on frise souvent le nanar et seule Pam Grier parvient à électriser le spectateur par son charisme qui en fait une femme d’action presque crédible face à des méchants ridicules qui seront balayés en deux scènes. Au final, le genre, qui a produit peu de films vraiment corrects, ne peut s’enorgueillir que de quelques titres triés sur le volet, en dépit de son aspect iconique. Un aspect iconique qu’il doit, outre ses bandes musicales de premier plan (mais pas trop ici), à quelques acteurs dont Pam Grier, laquelle n’a, en réalité, jamais été bien servie par ce genre qui fit d’elle une icône.


3,5

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le 14 avr. 2025

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PIAS

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