Sans son, France n'aimait pas beaucoup !
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Ce que ce film documentaire ne dit pas, c'est que France Gall a eu beaucoup de chance dans la
vie : tout d'abord avoir été une baby-boomer, c'est à dire née après la seconde guerre mondiale, et à une époque où twists, rocks, slows avaient pris le relais du jazz et voisinaient avec guitares électriques, batteries, orgues électroniques. Bref, une vraie révolution musicale ! Les yéyés avaient envoyé aux orties les crooners d'avant-guerre, les violons, pianos, tangos, valses et autres machins désormais aussi démodés que les 78 tours à aiguilles dont il fallait pour les entendre, remonter le ressort des gramophones d'antan...
Les petits orchestres pullulaient dans tous les quartiers et c'est ainsi que naquirent de nombreux groupes et je citerai "Les Chaussettes noires" car son aiguille à repriser et meneur de groupe est toujours vivant : Eddy Mitchel qui avait l'art et la manière de chauffer à blanc une salle, ce qu'on ne ressent pas à la télé... Les disques microsillons étaient nés en France grâce à Eddy Barclay qui les avait importés, et ce fut l'âge d'or du disque ! Les chanteurs pullulaient et comme des marques de lessive, et quand on s'en était servi, on les jetait... D'ailleurs les chanteurs étaient curieusement les plus mal payés dans l'industrie du disque, contrairement aux auteurs, compositeurs...
C'est ainsi que le leader des "Animals" qui avait créé le tube mondial "The House of the Rising Sun" ne touchait pas un kopeck quand il le chantait sur scène... Il s'exécutait pour satisfaire le public, mais c'est un autre de la bande qui touchait les dividendes à cause d'un rang orthographique....
Seconde chance pour France, son papa était compositeur, à une époque de rêve où les jeunes achetaient beaucoup de disques qu'on retrouvait dans les juke-box des bistrots de quartier....
A cette époque ou "Salut les Copains" et Europe un diffusaient les disques avec parfois un petit billet de banque dans la pochette, les filles les plus connues étaient Sylvie Vartan, Sheila, j'en oublie.... et France Gall occupait une place un peu à part : une adolescente avec encore sa crédulité, son ingénuité, sa candeur de petite fille... Elle le dit dans ce documentaire mais le répétait à l'envi : je n'ai jamais eu l’adolescence... J'aimais et j'aime toujours ses disques de gamine comme "le ruban et la fleur", mais c'est "N'écoute pas les idoles" qui fut sur toutes les ondes, tous les juke-box... Elle aura atteint le prodige de 20 millions de disques vendus...
C'est ainsi que ce "mâle fumeur toujours en rut" de Gainsbourg sous l'ère de son génie créatif, hélas, dissous dans l'alcool,lui avait fait chanter "Annie" et ses sucettes à l'anis, aux paroles à double sens, mais qui avait permis à la jolie blondinette candide de gagner le grand prix de" l'Eurovision" comme française mais sous les couleurs du Luxembourg.... La seule à ce jour en ce temps où la compétition n'était pas carnaval de mabouls... Ce jour-là qui lui avait valu un triomphe mondial avait sonné aussi le glas de sa liaison amoureuse avec Claude François... D'où son petit sourire glacé quand on lui remit son trophée....
Puis France Gall abandonna les chansons sur mesure de papa qui écrit pour son bébé de petite fille que je trouvais charmantes et qui sonnaient si bien avec ce timbre de voix sin particulier !
Mazette : en serais-je tombé amoureux : c'est qu'elle était belle la petite blondinette dont les garçons de Cloclo avaient la même coupe de cheveux !
Hommage secret, intime, et image pour celle qui n'avaient pas été leur mère ?
Comme le disait la gouvernante de Claude François, lui recherchait une femme au foyer qui allait l'accueillir et lui permettre de devenir père....
Or, c'était aux antipodes de France qui elle, avait soif de liberté, d'aventure, d'espace, de sa vocation musicale accompagnée de voyages incessants...
Elle visait out ce que détestait son fiancé de l'époque qui voulait la cantonner à la maison à attendre son retour.... Ce qu'a par contre réussi Michel Drücker avec Dany Saval qui ambitionnait aussi de devenir vedette du disque car elle aussi avait enregistré... Comme météorite...
France a toujours cherché (ou trouvé) ses conjoints au royaume des chanteurs : il y eut aussi après l'homme qui cherchait un marteau Julien Clerc qui semble ne pas avoir conservé un bon souvenir de l'époque où France Gall avait débarqué un beau jour chez lui dans sa Porche...
Le petite fille timide e un peu oie blanche de jadis avait appris à sortir ses griffes face aux requins du show-biz quand elle fit la connaissance de Michel Berger qui en était à son temps de gloire en signant des œuvres magnifiques, comme le Paradis Blanc que j'aime par dessous tout... Repris par Véronique Samson qui avait connu une histoire avec Berler mais France n'aimait pas qu'on pique à son compositeur de mari des chansons qu'il avait écrites pour elle, et par elle...
France Gall a donc connu plusieurs périodes de célébrité mais en connaissant aussi de nombreux drames, problèmes de santé avant de s'éteindre à soixante-dix ans !
A un animateur de télévision dont j'ai oublié le nom et qui lui posait la question de savoir si elle écrirait une autobiographie, elle répondait : "Une autobiographie ? Mais pourquoi faire ? Ma vie privée n'intéresse personne et je n'en écrirai pas ! J'aime mieux me consacrer à mon art....
Les deux qui s'y son attelés (post-mortem ?) et qu'on voit dans le film ont donc créé ma surprise...
Le challenge que réussit ici Vincent Guillot dans ce film documentaire est donc méritoire : la vie de France était peu médiatisée, elle ne le souhaitait pas, et seuls ses drames la faisaient sortir de l'ombre de la discrétion à laquelle elle tenait beaucoup....
Heureusement, Vincent Guillot, homme de télé et son attaché professionnel, la connaissait sur le bout des doigts, mais heureusement et intelligemment, son rôle personnel s'efface ici au travers de son intelligent montage consistant à faire parler de France tous les gens qui l'ont connue, appréciée.... A commencer par une complice de toujours, Lio qui a connu un autre genre de carrière de chanteuse, mais aussi Sophie Rosemond, Carole Plumell, Bernard de Bosson, Jacques Attali, Yves Biot Jean-Eric Perrin (deux autres biographes) Grégoire Collard, son attaché de Presse... J'en oublie...
Le plus grand talent de Vincent Guillot que j'admire beaucoup dans cette œuvre est qu'on suit ce documentaire comme un film et non une épitaphe... Il s'efforce de se vouloir neutre : ce sont d'autres qui parlent d'elle : le seul regret que j'ai est de ne pas avoir fait tremper le jeune spectateur dans cette atmosphère si particulière des sixties, qui était une année folle ayant forgé l'art de la chanson à des interprètes durables dont il reste encore peu de témoins vivants comme Schmoll (Eddy)....
Je me réjouis vraiment de la manière dont Vincent Guillot a rendu un hommage aussi pudique
et sans flagornerie à une chanteuse si talentueuse et créative, débordante d'imagination et pourtant discrète malgré son métier... C'est toujours avec émotion que j'entends sa voix, même si je n'aurais pu vivre à ses côtés...
Maintenant, vous pouvez débrancher ....comme on dit en période d'économie d'énergie...
De toutes les françaises chanteuses de ces sixties, les enregistrements de France sont ceux que je réécoute le plus souvent... Son gentil minois et sa petite voix que je reconnaîtrais entre mille m'auraient-ils ensorcelés ?
Evidemment !
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M6 le 09.08.2023- W9 le 09.08.2023-31.07.2025- 07 et 14.08.2025-