Si "Frantic" fait clairement partie de cette interminable liste de films de Polanski qui ne sont "ni faits, ni à faire", ici à cause d'une dernière demi-heure où il abandonne complètement les principes qui avait - jusque là - fait du film un polar très agréable, il est pourtant impossible de nier qu'on tire pas mal de plaisir de ce thriller de "l'aliénation" (thème polanskien s'il en est) : une approche hitchcockienne remarquable de la disparition d'une femme, et de l'angoisse asphyxiante qui s'ensuit (la première partie du film est tout simplement une magnifique leçon de mise en scène), un regard amusé mais sans indulgence sur Paris et les parisiens, leur arrogance, leur froideur vis à vis des étrangers, une "petite femme fatale" filmée avec beaucoup de désir par son futur mari - transcendant du coup les clichés de la parisienne délurée et sexy -, un Harrison Ford bien dirigé parfaitement crédible en touriste perdu, bref beaucoup de bons points qui compensent l'incohérence de la partie "espionnage" du scénario, et distinguent clairement "Frantic" du divertissement calibré que l'on pouvait redouter.