En se rendant à Paris pour un voyage cauchemardesque halluciné, Roman Polanski aurait pu signer un fiévreux film cauchemar comme beaucoup d'autres de sa filmographie.
Si c'est ainsi dans sa brillante première partie (une arrivée touristique dans la capitale, comme une seule scène prenante et fluide comme jamais) grâce au rythme mené tambour battant et à l'interprétation géniale d'Harrison Ford (excellent en étranger perdu dans une culture, une ville et une langue qu'il ne connaît pas, et que Polanski parodie et taquine gentiment) qui fait sentir par son jeu le piège subtil qui se referme petit à petit sur lui, la suite se fait peut être plus classique, et Polanski de jubiler.
Il délivre alors, pour retourner le spectateur et faire s'entrechoquer les genres, une intrigue policière assez barrée, proche des scénarios volontairement outranciers des films adaptés de Tom Clancy (et dont Harrison Ford s'est fait le plus grand représentant, tiens), qu'il rend encore plus légère par un style exagérément eighties, et par un humour caricatural, voire burlesque qui n'est pas déplaisant (tout entier personnifié par Emmanuelle Seigner). Et le final, soudain très sérieux, crée comme une réaction chaud-froid qui renvoie soudain aux premières scènes, plus tendues et dramatiques, et met fin à cet éprouvant week-end à la capitale.