Une scène d'ouverture inouïe, plus de 5 minutes d'une Natalie en pleurs, sur fond de musique hypnotique (je vous épargne le suspens : Chava Alberstein - Had Gadia, foncez la trouver).
Voilà ce qui m'a immédiatement scotché sur le film.

Un dialogue simple ensuite, mais tellement lourd de sous-entendus, donne le ton qui sera celui de Free Zone, celui des non-dits et de la souffrance, de l'affrontement permanent.

Ce n'est pas un film accessible, ce n'est pas non plus un film contemplatif, il n'est pas condescendant, il fait peu de concessions.
Je peux dire beaucoup de choses qu'il n'est pas, mais sans pouvoir exactement cerner ce qu'il est.

Il est en tout cas une leçon pour des garçons comme mon cher ami Gus Van Sant, en matière d'en montrer peu pour en dire beaucoup.
Oh je ne l'exempte certes pas de ses défauts. Il n'échappe malheureusement pas à quelques longueurs, d'autant plus difficiles à excuser pour les strictes 90 minutes qu'il affiche.
Il n'empêche que d'un simple road-movie, féminin pour une fois, couplé à un quasi huis-clos dans l'habitacle d'une voiture, Amos Gitaï parvient à nous faire goûter au dépaysement, à nous immerger, certes superficiellement et temporairement, dans la situation inextricable de ces fameux pays du moyen-orient, qui se déchirent depuis des décennies sous l'œil goguenard des caméras (occasionnellement) et, par leur biais, de nous autres européens, peu aptes à comprendre de quoi il en retourne.
Et je ne prétends pas l'avoir maintenant mieux cerné.

On imagine seulement que les dissensions sont tellement ancrées, tellement profondes, peut-être aussi devenues tellement incompréhensibles pour les deux camps eux-mêmes, que s'installe un dialogue de sourds, une dispute sans fin matérialisée par la scène finale.
Je n'en dis pas davantage.

Entre ces deux scènes marquantes (et habillées de la même musique, ai-je mentionné combien elle était envoûtante ?), des clichés un peu disparates, des populations un peu désabusées, et une jeune Rebecca (Natalie) entre les deux, encore plus paumée que tout le monde, et qui n'a d'autre solution que la fuite en avant, ne trouvant sa place auprès d'aucun des deux antagonistes au sens propre comme au figuré, israeliens et palestiniens symbolisés par Hannah et Leila.

Hasard du calendrier, j'ai vu que Hiam Abbass était membre du jury au prochain festival de Cannes.
Une raison comme une autre de vous laisser tenter par Free Zone.
SeigneurAo
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le 27 avr. 2012

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SeigneurAo

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