Mason, un ancien commando des forces spéciales s’ennuie dans sa petite vie rangée d’avocat père de famille. Un de ses collègues s’est reconverti dans la sécurité privée. Il lui propose une mission d’essai et l’envoie en Amérique du Sud pour protéger une journaliste, dans le pays même où Mason a perdu ses camarades…
Dans un hamburger de fast-food, on attend des ingrédients précis : du pain brioché, des oignons fondants, un steak trop cuit et une marée de sauce sucrée. C’est mauvais pour la santé, mais ça a bon goût et c’est bien pour cela qu’on le commande. Pour les films d’action, c’est pareil. Il faut un gros bourrin, la jolie fille de service, une montagne de flingues et une aventure épique avec un happy end. Le réalisateur Pierre Morel l’a bien compris et, dès Taken, il a su comment cuisiner du fast-food cinématographique.
Mais, attention ! Qui dit hamburger ne dit pas forcément manque de qualité, et Pierre Morel connaît son affaire. Car, pour oser faire un film d’action dans les années 2020 sans se retrouver en Direct-To-Video alors que c’est un genre aussi usé que les vampires, il faut apporter une once d’originalité. Et justement, bien que ce soit son premier film, le scénariste Jacob Lentz a réussi à écrire de l’originalité.
Le casting, déjà, est bien trouvé. John Cena a quelques talents d’acteur et, avec son visage expressif, il est loin du jeu naïf de Schwarzy ou monotête de Dolph Lundgren. Ses airs ahuris, contrariés, boudeurs ou simplement coupables sont adorables. Ensuite, Alison Brie est une peste qui arrive à être crédible tout en restant hilarante. Son air mutin est parfait pour cette journaliste espiègle qui fatigue son garde du corps. Enfin, Juan Pablo Raba est spectaculaire en insupportable pédant séducteur qui fait son show jusque sous les balles. L’intelligence de son regard permet justement de mettre le spectateur sur la piste du rebondissement qui finit par arriver. Christian Slater est un vieux routard dont on se méfie, car il joue très, très bien les méchants, mais pas cette fois. Enfin, Marton Csokas est, lui, un vilain très crédible avec des airs de poètes (cheveux en bataille et écharpe incongrue) qui ajoute de l’absurde à sa cruauté. C’est bien trouvé.
Le scénario démarre d’une manière archiconvenue. La voix off de John Cena expédie le décor du film en dix minutes. Le ton est donné avec quelques gags, et le premier affrontement confirme qu’il s’agit d’une comédie parfaitement irréaliste (Mason est un genre de Rambo qui a mal au dos de temps en temps). Pourtant… Pourtant, l’histoire dévie de sa trame attendue avec un rebondissement sur le président que l’on a du mal à accepter tant il paraît improbable. On visite ensuite une jungle édulcorée (où sont les hordes d’insectes, de reptiles, de singes et autres fauves qui l’infestent habituellement ?), un village sympa et on fait même du cheval. La chute est un délire surréaliste, mais plaisant avec un happy end tout en guimauve. Même si c’est écœurant, ça reste succulent.
Bien sûr, le scénario est jalonné de gags, les combats ne sont pas du tout réalistes (les méchants sont infoutus de tirer droit, même à 10 m), les personnages sont globalement gentils, bref, l’histoire est reposante.
L’humour ainsi que l’originalité relèvent l’intérêt de ce film d’action et il est sympathique de découvrir cette œuvre sans prétention. Freelance est un hamburger cinématographique de bonne qualité qui délassera agréablement une soirée.
PS : La Palombie est le pays du marsupilami, mais Obélix l’apprécierait…