Quand Michel apprend que son frère aîné Patrice a disparu, emportant son passeport avec lui, il abandonne famille et travail pour s’envoler au Canada. Au fin fond du Québec, dans une cabane isolée, il retrouve celui sans lequel il ne serait pas.
En 1948, une mère plus amante qu’aimante ne vient pas chercher ses jeunes enfants au sortir de l’internat. Suite à un accident mortel, ceux-ci s’enfuient dans la forêt. Ils y vivront 7 années, guidés par le courage de Patrice et l’ingéniosité de Michel. Faire du feu pour résister au froid, chasser et pêcher pour taire la faim, construire un igloo de bois en rêvant d’un foyer. Le retour à l’instinct primaire a un goût épicé d’aventures et de liberté.
Étonnante que cette histoire véridique. Au sortir de la Seconde Guerre, des centaines de milliers d’orphelins s’égarent et s’oublient comme le rappellent les intertitres du générique final. Dans un va-et-vient pas toujours adroit, le passé et le présent s’alternent. Un parallélisme se construit entre les comportements d’hier et d’aujourd’hui, incitant que le plus difficile n’est peut-être pas la vie sauvage mais la civilisation. Pourtant, sans chercher à nous l’expliquer, chacun des deux frères est parvenu à occuper un poste plus que privilégié entre l’architecture et la médecine. De quoi surprendre encore, comme le duo choisi. Si Mathieu Kassovitz avait déjà joué les Robinsons pour Cédric Kahn, Yvan Attal garde une image très citadine. Pourtant, quand il sauve et prend tendrement dans ses bras celui censé être son aîné, l’on veut bien croire à leur lien indestructible.
(6/10)
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