On ricane beaucoup, on se bat un peu.
Pas le meilleur Chang Cheh. Mais de belles qualités.
Mélodrame historique mâtiné de films d'arts martiaux, qu'est-ce que cela donne si on mélange la lourdeur empesée du premier à la légèreté un peu maladroite du second?
Contrairement à ce qu'on aurait pu penser, cela fonctionne. Malgré quelques aspects ridicules.
Ah mon dieu, ces morts qui n'en finissent plus.
On roule 20 fois sur soi-même, on exécute trois roulades avant, tout en hurlant en discontinu (ben oui, la roulade c'est pas le plus pratique pour hurler, ça demande une sacré coordination), et puis on se redresse sur un ralenti, avant de s'effondrer avec noblesse.
Voilà comment le figurant du film d'arts martiaux sait mourir avec un naturel qui fait plaisir à voir.
Mais bon, on a son lot de chorégraphies, on a un scénario qui donne une belle intensité à la deuxième partie, et il y a des moments où la cruauté des héros de cette histoire n'est pas éludée. Ce sont avant tout des truands qui entendent se tailler la part du lion grâce à leurs aptitudes au combat. Le film ne tente pas de les rendre sympathiques. Ils sont ce qu'ils sont.
Des portraits complexes dans un film Shaw brothers?
Pas tout à fait quand même, l'obsession qu'à le personnage central d'écarter tous les obstacles sombre parfois dans la caricature.
Mais quand même.
Dans l'ensemble, c'est un beau film.
Et puis, c'est un sacré spectacle. Avec parfois un bel usage des couleurs.