Que celles et ceux qui s'attendent à un film de gangs 100% action passent leur chemin puisque nous sommes face à un drame psychologique à hauteur d'enfant.
L'univers en présence est bien celui d'un ghetto de Brooklyn mais ce n'est pas le côté actionner qui compte. L'aspect social n'est quant à lui, qu'une toile de fond : ce qui intéresse le réalisateur est la faculté d'adaptation d'un jeune pré-adolescent dont l'intelligence est bien au-dessus de la moyenne, coincé dans un monde violent où la force brute et bêtement virile prédomine. Une sagacité qui est corrélée avec le talent aux jeux d'échecs du jeune héros (en dire plus reviendrait à divulgâcher ce qui fait le sel de ce métrage).
En somme, une trame de film noir très malin, qui prend son temps pour familiariser le spectateur avec tous les personnages et les stratégies de vie et survie en présence, pour mieux nous faire saisir au fur et à mesure du développement de la trame, la patiente toile tissée par le jeune Fresh pour punir les pathétiques caïds de la drogue en se servant de leur imbécillité crasse.
L'écriture, l'interprétation des premiers comme des seconds rôles, le rythme, tout est remarquable dans ce film.
C'est - je crois - la présence de Samuel Jackson dans un rôle secondaire qui a contribué à maintenir ce film dans les mémoires mais c'est injuste : ce film a ses qualités intrinsèques et n'a besoin d'aucune tête d'affiche pour briller, même plus de 30 ans après sa sortie en salles.
A voir pour : les parties d'échecs dans la rue où le jeune Fresh apprend à "étudier un terrain" pour mettre à contribution les forces et les faiblesses des acteurs en présence ; la séquence clé sur le terrain de basket, là où tout bascule ; la toute fin : un "échec et mat" de toute beauté.